Les postiers anglais en grève

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS



Royal Mail
, la poste publique anglaise subit de plein fouet les conséquences d'une ouverture totale du marché. En effet, l'ouverture totale à la concurrence s'est effectuée le 1er janvier 2006, et Royal Mail n'a plus les moyens nécessaires pour financer le service universel.

L'exemple anglais montre ce qui nous attend si l'Union Européenne persistait dans son désir de libéraliser totalement le secteur postal.

Voyez plutôt l'article de Tageblatt

"Quelque 130.000 postiers ont cessé le travail vendredi au Royaume-Uni pour leur première grève nationale depuis 1996, en raison d'un conflit sur les salaires et d'un plan de restructuration de Royal Mail, qui pourrait supprimer un emploi sur cinq selon eux.
  


Voté massivement au début du mois par les membres du Communication Workers Union (CWU), le principal syndicat du secteur, le mouvement a commencé tôt vendredi matin dans les centres de tri et au sein du personnel de distribution du courrier, pour durer 24 heures, tandis que les employés des bureaux de poste ont repris le travail à la mi-journée. D'ultimes négociations entre la direction de la Poste publique et le syndicat avaient échoué mercredi soir. Les premières indications de ce dernier ont fait état d'un fort taux de participation à la grève vendredi matin. 

royalmail.jpgLe CWU a rejeté une offre d'augmentation des salaires de 2,5%, réclamant que la paie des postiers augmente en fonction de la moyenne nationale sur les cinq prochaines années, soit 27% au total. Le salaire moyen d'un employé de la Poste est actuellement inférieur à la moyenne nationale.

Le syndicat proteste également contre un plan de "modernisation" annoncé par la direction de Royal Mail et le gouvernement, qui prévoit la fermeture de 2.500 des 14.700 bureaux de poste du pays et le transfert de services à la chaîne privée de maisons de la presse WH Smith. Il redoute, à terme, 40.000 suppressions d'emplois, sur les 200.000 actuels de l'entreprise, tandis que 45.000 sont déjà partis depuis cinq ans. La fermeture de bureaux de poste a été expliquée par des pertes financières hebdomadaires de quatre millions de livres essuyées par le réseau, et la baisse de la fréquentation, liée à la diminution des services bancaires.
 
La direction de la Poste affirme qu'elle n'a pas les moyens d'augmenter davantage les salaires et que la modernisation du groupe est inévitable face à la concurrence. Le service postal est complètement libéralisé au Royaume-Uni depuis le 1er janvier 2006 et Royal Mail a déjà perdu de nombreux contrats auprès des entreprises, représentant 40% du volume de courrier expédié en nombre, au profit de ses concurrents TNT, DHL, UK Mail ou DX Group. "Nous n'avons plus de monopole, la clientèle a désormais le choix. Nos concurrents sont beaucoup plus efficaces et peuvent nous battre sur les prix", a noté vendredi sur la BBC le président de Royal Mail, Allan Leighton, dont un projet d'ouverture du capital a été retoqué cette année par le gouvernement. M. Leighton, à la tête de Royal Mail depuis mars 2002, est l'ancien patron des supermarchés britanniques Asda et du groupe américain Wal-Mart en Europe.
 
Le CWU, qui veut reprendre les négociations, mais n'exclut pas de nouvelles actions en cas de blocage, accuse la direction de vouloir "dégraisser" l'entreprise et réduire sa mission de service public, avant de la privatiser. "Ce que Royal Mail entreprend, ce n'est pas une modernisation. La vérité, c'est qu'ils veulent réduire le service, supprimer des emplois et baisser les salaires", a dénoncé Dave Ward, secrétaire général adjoint du syndicat. Le CWU redoute en particulier un abandon du service universel pour la distribution du courrier, prévu dans les statuts de l'entreprise mais coûteux à maintenir, tandis que la perte de contrats avec les entreprises et l'administration, beaucoup plus rentables, fragilise ses finances."

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