ATTAC s'implique dans la lutte contre la privatisation de la Poste

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC


ATTAC,  membre du comité national contre la privatisation de la Poste,  dévoile un argumentaire intéressant :

Source : ATTAC










 

Sommaire

 

•Le processus de privatisation de la poste est une illustration particulièrement signifiante de la politique européenne que nous dénonçons et de l’emprise de la finance sur les biens publics.

•La poste est un service public qui touche tou-te-s les citoyen-nes au quotidien. Qu’ils soient a priori pour ou contre la privatisation, notre action peut les interpeller et les amener sur le terrain du débat public.

•Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte favorable au rassemblement d’acteurs sociaux divers.

 

S’engager dans cette mobilisation peut donc nous permettre d’être entendus sur des questions que nous jugeons essentielles. Attac a plus particulièrement un rôle à jouer grâce à :

 

•sa capacité à relier cette mobilisation à des questions plus globales, telles que le bilan des privatisations en Europe, la crise financière, la bataille pour des biens publics mondiaux ;

•la capacité des comités locaux à s’emparer de cette question (un peu à l’image de la bataille sur les retraites en 2003), à construire des mobilisations locales et à coordonner leur action.

 

 

Analyse de la situation

 

L’annonce de la privatisation de la Poste au printemps dernier marque un pas supplémentaire dans les offensives pour soumettre les biens collectifs au marché.

 

 

La Poste est un service public à part :

 

•du point de vue de l’aménagement du territoire et du lien social ;

•dans le domaine du service bancaire pour les plus défavorisés ;

•en matière de distribution, qui reste de qualité en dépit des ouvertures à la concurrence ou des remises en cause de la distribution de la presse.

 

 

Malgré ça, elle devrait être soumise à la présence de capitaux privés, éventuellement mise en bourse. Cette décision, après les privatisations partielles ou totales de France Télécom, d’Air France, d’EDF et de GDF, mettrait un service public de plus dans les bras du marché (les cheminots ont du souci à se faire !).

 

 

Malgré les engagements pris par l’État en terme de missions de service public, l’ouverture du capital introduit immédiatement des intérêts qui pèsent de façon considérable sur les choix des entreprises. Souvenons-nous que les mêmes engagements ont été pris pour d’autres entreprises. Dans les faits, les lois se sont toujours succédé jusqu’à autoriser une part minoritaire de l’État dans le capital (aujourd’hui, à France Télécom, par exemple, la part de l’État avoisine 27,3%).

 

Une privatisation qui s’inscrit dans le cadre d’une évolution européenne globale :

•concurrence accrue sur les produits de la distribution (lettres, colis) avec une nouvelle directive qui sera transcrite dans la loi française en 2009 ; privatisations dans le cadre de la politique des services d’intérêt économique général ;

•politiques de séparation des activités traditionnelles de la poste et des activités de dépôt et d’épargne ;

•politiques de rachat d’opérateurs postaux en Europe avec à la clé l’exemple de ce qui s’est passé en Allemagne il y a quelques mois : la menace d’un opérateur postal hollandais installé sur le territoire de se retirer à cause de l’éventuelle mise en place d’un salaire minimum pour les postiers.

 

La privatisation de la poste est aussi l’expression de la volonté d’extension du champ de la finance :

 

•par la pression qu’exerceront les capitaux privés dans l’entreprise ;

•par la transformation de la Banque postale et dans le même temps la banalisation du Livret A, qui vise à orienter l’épargne populaire vers des placements classiques, le tout en pleine crise du système financier mondial.

 

 

Un contexte politique et social particulier

 

 

Cet événement constitue un point de rassemblement d’un certain nombre de forces syndicales, associatives, politiques, voire médiatiques, qui refusent de laisser s’engager les réformes les unes derrières les autres sans réaction.

Le premier succès remporté par la campagne contre le fichier Edvige montre qu’attaquer le gouvernement sur des réformes touchant l’ensemble de la population peut porter ses fruits. Même si l’objet est différent, le fait est qu’une signature massive de l’appel, liée à des prises de positions d’origines diverses, a amené le gouvernement à un premier recul.

Obtenir un million de signatures en faveur d’un référendum, et en s’appuyant sur le tout nouveau droit d’initiative populaire, aurait une forte valeur symbolique.

 

La question du service public concerne la société entière. Par ailleurs, seuls, les syndicats de la Poste ne trouveraient pas de moyens plus efficaces pour s’opposer à la privatisation que ceux qui ont été mis en œuvre dans les autres secteurs. La mobilisation citoyenne est indispensable.

 

Attac France peut peser dans cette mobilisation

Comme nous l’avons déjà évoqué ci-dessus, le travail autour d’une pétition peut se combiner pour Attac avec un travail d’éducation populaire prenant en compte la question de la lutte contre la finance et la bataille pour des biens publics. L’engagement d’Attac par ses différentes instances et ses adhérent-es pourrait ainsi être l’occasion de faire entendre l’ensemble des thématiques de campagnes que nous avons décidé de porter dans les mois qui viennent.

Le calendrier gouvernemental prévoit le passage de la loi postale en début 2009 (transposition de la directive et ouverture du capital) mais tout cela pourrait bouger. Sarkozy a mis en place une nouvelle « commission » pour tenter de désamorcer la mobilisation naissante. Mais celle-ci ne remet en cause pour le moment ni l’objectif, ni le calendrier. »

 

 




Publié dans Service public

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