Privatisation de la Poste : revue de presse du jour

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Sources : AFP, CentPapiers.com



« La Poste française est en danger ... de mort

 

 

La Poste privatisée et introduite en bourse - option à l’étude - mettrait un terme au service universel postal, accessible pour tous au même tarif sur tout le territoire.

 

Et aujourd’hui, la question du maintien de son statut ne devrait même pas se poser...

 

 

Au moment où les salariés de la Poste se mobilisent pour refuser la privatisation de cet établissement, l’administration de Washington nationalise des établissements financiers (banques et crédits après la nationalisation de fait d’Enron, la compagnie californienne d’électricité en 2002). Ces mêmes États-Unis possèdent en outre une entreprise publique de qualité : la Poste fédérale...

 

Il est cocasse de voir aujourd’hui tous ces libéraux qui siphonnent les richesses de l’état, pillent les services publics, s’attaquent en permanence à l’impôt républicain en appeler ainsi à l’Etat contre les méfaits de leurs banquiers et autres spéculateurs sans foi ni loi.

 

200 milliards par là pour cautionner Fanny Mae et Freddie Mac, Lehman Brothers, 85 milliards par ci pour équilibrer AIG, le Trésor américain paie les frasques du privé en dépit de tous les crédos libéraux.

 

En France, après de multiples privatisations faites dans tous les domaines par les gouvernements successifs de droite comme de gauche (le gouvernement de Lionel Jospin battant tous les records en la matière…) voilà que l’on essaie de s’attaquer à la poste, institution créée au XVème siècle par Louis XI, qui est un fleuron de notre tissu social participant à l’aménagement du territoire.

 

Et derrière les juteux milliards de la privatisation de ce bien commun se cache en fait une double escroquerie :

 

 . faire croire que tous les services publics doivent être privatisés

 

 . faire croire que la concurrence c’est bien pour les consommateurs

 

Dans les deux cas, les limites ont été très rapidement atteintes tant au niveau des échecs commerciaux que des ententes commerciales illégales. Nous vivons ainsi en direct les épisodes parfois chaotiques de la libéralisation des énergies, des transports, des services portuaires et des services postaux. Dans tous les pays où elles se sont déjà produites, ces libéralisations ont eu pour effet de réduire la qualité du service et d’augmenter les prix.

 

Seuls des apprentis sorciers tels que Nicolas Sarkozy, Jean-Paul Bailly son directeur et naturellement la commission européenne qui orchestre et surveille tout cela avec la plus grande attention croient encore aux vertus de l’ultra libéralisme.

 

Ils auront désormais des comptes à rendre à la nation sur leurs propres responsabilités… »

 

« La crise financière s'impose comme un "nouvel adversaire" de la privatisation de La Poste, a estimé aujourd'hui la fédération syndicale FO-Communication, qui plaide pour "l'intervention massive des Etats" face à la "déconfiture du système financier" :


"Alors que le principe même d'une privatisation de La Poste est de plus en plus contesté dans le pays, l'actualité conforte les thèses des défenseurs du service public : la déconfiture du système financier atteint désormais l'Europe. Seule l'intervention massive des Etats est en mesure d'endiguer cette déroute.

Malgré les réfutations théoriques et les démentis pratiques, certains préconisent toujours l'entrée en bourse de La Poste et célèbrent les vertus supposées de l'actionnariat populaire et salarié. C'est un véritable déni de réalité !

L'option de la société anonyme doit être rejetée. Les missions du service public postal doivent continuer à s'exercer au sein d'un groupe public unitaire. Leur financement doit être garanti par des fonds publics, gérés par l'alliance stratégique de la CDC et de La Banque Postale. La vocation de cette dernière est de rester arrimée à sa maison mère et de la servir.

Le Gouvernement doit comprendre que l'avenir de La Poste mérite d'être choisi par les citoyens. La nécessité d'un référendum apparaît de plus en plus clairement. " »

 

 

 






Source : Le Monde

« La Poste ne doit pas être privatisée, par Paul Quilès

 

 

 

 

 

« Pour assurer le développement de son établissement, le président de La Poste explique qu'il a besoin de moyens financiers importants que l'Etat n'est pas en mesure de lui apporter. Cette affirmation ne peut entraîner comme unique réponse la privatisation de ce service public auquel les Français sont très attachés. Examinons les mauvais arguments avancés pour tenter de justifier ce projet qui doit être rejeté.

 

 

On nous explique, en premier lieu, que la privatisation serait imposée par la déréglementation européenne. Cela est inexact. C'est l'actuel gouvernement qui a accepté, au sein des instances communautaires, la libéralisation totale du courrier à partir de 2011, alors qu'il aurait pu s'y opposer. Par ailleurs, les règles de l'Union ne fixent aucune obligation en matière de statut des entreprises intervenant sur le secteur postal, dès lors que sont respectées les règles de concurrence en vigueur du fait de la déréglementation.

 

Je tiens à ce propos à souligner que celle-ci va déséquilibrer La Poste, qui ne pourra plus financer elle-même ses missions d'intérêt général, grâce au monopole dont elle bénéficiait pour assurer la distribution des lettres de moins de 50 grammes, pour assurer la péréquation tarifaire, pour garantir la même qualité de service pour tous quel que soit le destinataire à tarif identique, pour assurer un accès égal pour tous au réseau postal et pour maintenir une présence postale sur tout le territoire...

 

Quant aux fonds de péréquation proposés par la Commission, ils seront inopérants, soit parce qu'ils subiront la pression à la baisse des financements de l'Etat, soit parce que le financement par les concurrents de La Poste est illusoire. Au total, on se dirige vers la disparition d'un de nos meilleurs outils d'aménagement du territoire et vers le délitement des politiques de solidarité liées à l'accès au réseau postal et au service bancaire universel.

 

Deuxième argument invoqué : il ne s'agit pas d'une privatisation, mais d'une simple ouverture du capital. Quel crédit y accorder, dès lors qu'il vient de ceux qui ont privatisé GDF, après avoir pris les engagements publics les plus solennels, y compris législatifs, de ne jamais le faire ? La vie politique récente a montré que les processus d'ouverture du capital se traduisent toujours par une privatisation, plus ou moins rapide : Air France, France Télécom, GDF, bientôt la Caisse nationale de prévoyance (CNP)...

 

Le gouvernement prétend aussi que la perte de contrôle majoritaire par l'Etat du capital de La Poste serait anticonstitutionnelle, en raison des missions de service public exercées par La Poste. Or cela ne figure pas dans la Constitution. Quant à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, à supposer qu'elle confirme cette thèse, elle pourra être contournée en attribuant des délégations de service public à d'autres opérateurs postaux, comme cela se fait dans le secteur de l'eau ou des transports.

 

Troisième argument : il n'y aurait rien à craindre de la privatisation, puisque les missions de service public seront préservées. C'est assez cynique, venant d'un gouvernement qui a décidé la banalisation du Livret A. Après avoir constitué La Banque postale, en expliquant que celle-ci serait une banque comme les autres et avoir même prévu dans la loi l'ouverture possible de son capital, ce même gouvernement s'étonne que la Commission européenne demande de banaliser le Livret A, considérant que La Banque postale n'a plus vraiment de spécificités à faire valoir !

 

Cette banalisation menace à l'évidence le financement du logement social : si les banques veulent pouvoir distribuer le Livret A, ce n'est pas pour accéder à une clientèle modeste, mais pour attirer les épargnants les plus "intéressants" et leur proposer des produits financiers alternatifs, plus lucratifs pour elles. Il en résultera une baisse de la collecte et un tarissement progressif des ressources financières pour le logement social. L'accès à un service bancaire universel est une nécessité pour assurer une véritable égalité d'accès aux services bancaires. La Poste devrait continuer de jouer un rôle spécifique dans le système bancaire français, ce qui n'a pas été prévu par la loi qui a créé La Banque postale.

 

Enfin, on veut nous faire croire que la privatisation serait le seul moyen d'accompagner le développement futur de La Poste. Mais de quoi parle-t-on ? S'agit-il d'investir dans des bureaux de poste plus modernes, d'ouvrir davantage le samedi, d'arrêter d'avancer les heures de la dernière levée ? S'agit-il de continuer d'investir dans des centres de tri dont le trafic baisse, ou bien d'investir dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication, pour faire de La Poste un opérateur majeur du courrier physique mais aussi électronique et fournir aux entreprises et aux particuliers des solutions complètes à leurs besoins de communication ?

 

Bien sûr, La Poste doit aussi poursuivre le développement de ses activités bancaires et de transport rapide et express de colis, y compris avec des alliances industrielles, pour autant qu'elles soient utiles et profitables au développement durable de ces activités. Les structures actuelles du groupe La Poste permettent de nouer ces alliances.

 

Pour accroître les fonds propres de La Poste, tout en garantissant son statut public et en confortant ses missions de service public et d'aménagement du territoire, d'autres solutions doivent être étudiées.

 

C'est le cas, par exemple, de l'entrée de la Caisse des dépôts (CDC) dans le financement de La Poste, pour conforter ses besoins de fonds propres. On pourrait aussi envisager de restructurer le capital de la CNP, où la CDC et La Poste deviendraient conjointement majoritaires, les Caisses d'épargne cédant leur participation. Cela permettrait tout à la fois de conforter cette alliance, de sécuriser les revenus tirés de la CNP, tant pour la CDC que La Poste, et de conserver cette grande institution financière dans le secteur public.

 

Pourquoi ne pas réfléchir, enfin, à la création d'une structure publique de contrôle, ayant par exemple le statut de fondation, comme cela se fait dans certains pays anglo-saxons, ou de coopérative, faisant appel à l'épargne, avec une association des représentants des sociétaires, des usagers, des clients et des élus aux instances de contrôle de l'entreprise. Pour toutes ces raisons, le projet du gouvernement doit donc être rejeté. On ne peut assister passivement au démantèlement d'un de nos services publics les plus emblématiques. »

 

 


Publié dans Service public

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article