Source : La Dépêche
« Saint-Gaudens (Haute Garonne). Elle avait cumulé 56 CDD : la Poste condamnée
De Boulogne à Saint-Martory, elle a distribué le courrier durant trois ans.
Le conseil de prud'hommes a condamné la Poste à verser la somme de 34 400 € à une Commingeoise qui avait cumulé cinquante-six contrats à durée déterminée entre octobre 2002 et août 2006.
Nathalie a 44 ans, deux enfants. Après avoir travaillé dix ans à son compte dans le commerce en Indre-et-Loire, elle s'est installée en Comminges. « J'ai fait un bilan de compétence. J'ai souhaité travailler pour la Poste. J'ai été prise de suite avec une promesse d'embauche. »
Dès lors, les CDD se sont succédés d'Aurignac à Boulogne en passant par Montréjeau, Saint-Martory. « À la suite de cette multitude de contrats j'ai demandé à bénéficier de l'accord de déprécarisation dît « de Vaugirard » permettant la transformation de 10 000 CDD
en CDI sur une période de trois ans. » Elle n'y a pas été admise. « J'ai postulé sur plusieurs postes. Du coup, on n'a plus fait appel à moi J'ai été
considérée inapte à l'emploi de factrice. »
Face à cette situation, Nathalie s'est rapprochée du syndicat Sud. Elle a déposé un dossier aux prud'hommes. L'affaire aurait pu se régler en toute discrétion. « Ce qui m'a choqué c'est qu'on m'a proposé une transaction pour retirer mon dossier. » Michel R. qui, avec Séverine B. du syndicat Sud accompagnent Nathalie lors de cette interview, confirme : « J'ai personnellement appelé la direction opérationnelle territoriale courrier Midi-Pyrénées Sud qui a proposé 13 000 € à condition de s'engager à ne pas faire de mauvaise publicité auprès des médias. »
Nathalie ajoute : « Mon honneur n'est pas à vendre. »
Le conseil de prud'hommes lui a donné raison Les juges indiquent : « Il convient de constater que la salariée était à la disposition de son employeur et ne pouvait, compte tenu de l'importance des CDD rechercher ou postuler pour un autre emploi. » La Poste a été condamnée à verser au total la somme de 34 400 € à Nathalie. « J'aurais préféré que les choses se passent autrement. J'aimais ce que je faisais et je crois que tous les receveurs avec qui j'ai travaillé ont été satisfaits de moi. Je n'ai jamais fait l'objet de faute professionnelle. C'est pourquoi la décision du conseil de prud'hommes m'a fait chaud au cœur ». »
Un délit d'entrave « constaté » par la direction qui s'oppose aujourd'hui à la
version du syndicat CGT qui a décidé de riposter devant les tribunaux en portant plainte pour dénonciation calomnieuse. « Nous avons leur fait remarquer que le chauffeur du camion qui aurait été
victime de ce « blocage » niait formellement cette affirmation », explique le service juridique de la CGT. Deux témoignages écrits de chauffeurs ont
été versés au dossier. « Nous portons plainte pour dénonciation calomnieuse car c'est une atteinte au droit de grève. Engager des procédures
disciplinaires contre les salariés est un moyen de stopper une grève. Les conséquences éventuelles sont lourdes : révocations pour les fonctionnaires ; licenciements pour faute lourde pour les
contractuels. » Pour l'heure, La Poste, par la voix de Fabienne P. de la direction courrier Haute-Normandie, ne souhaite « pas faire de commentaire
particulier. Je peux simplement dire que nous n'avons pas été saisis par la juridiction compétente et que le 19 décembre c'est un huissier de justice qui a constaté le blocage du camion
».


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