Léger recul de la Poste sur les CHM (casiers hybrides modulables)

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS


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Montreuil, le 14 septembre 2007
 
 
Le 13 septembre 2007 se tenait à la Direction Technique du Courrier à Nantes, à la demande des organisations syndicales, un CHSCT extraordinaire sur le CHM (Casier Hybride Modulaire).
La Direction de la Production a tenté de nous expliquer le bien fondé de l’utilisation du CHM en matière d’amélioration des conditions de travail :
-      l’étude faite sur ce type de casier a duré près de 3 ans,
-      le travail de cette étude est reconnu et apprécié.
La Direction avoue que le déploiement reste un projet difficile, qu’aujourd’hui environ 7500 CHM sont en place. Le déploiement se fait sur la base de 70 sites par mois soit 2 sites par DOTC en moyenne. Elle affirme qu’elle souhaite améliorer la méthode de déploiement et de formation des facteurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
La Direction nous annonce également la volonté de faire une étude sur 11 colonnes pour le tri «Alpha» avec 2 CHM.

Après cette présentation, la CGT a fait état de tout ce qui remontait des services à l’exemple de Saumur (49), Laval (53), Sorigny (37) (voir déclaration) et de Tremblay en France (93) où les fils électriques ne sont pas fixés aux casiers.
La CGT a interrogé le Médecin de Prévention sur toutes ces remarques notamment celles concernant la santé. Elle nous répond qu’elle prend ces remarques pour argent comptant et que c’est un problème psychosocial et non biomécanique et qu’avec le temps les malaises et les douleurs doivent disparaître ( !!!).
Toutes les Os se sont opposées à une nouvelle étude sur l’augmentation des colonnes que ce soit de 11 colonnes et voir plus.
Suite à la position des OS, la Direction décide de renoncer à cette étude. Elle annonce qu’elle va renforcer le pilotage du déploiement et mettre en place un comité de suivi du déploiement qui se réunira tous les mois afin d’être le plus réactif possible.

La CGT a rappelé que nous étions toujours dans l’attente de l’ouverture de négociation sur les normes et les cadences comme La Poste s’y était engagée le 19 janvier 2007 dans l’accord sur le développement professionnel des facteurs et lors de la CDSP du 12 juillet 2007. Il y a urgence à ouvrir ces négociations sur les normes et cadences, car comme tout le monde le sait, ce sont elles qui déterminent la charge de travail. Sur cette question la Direction s’engage à nous donner une réponse très rapidement.
La Direction nous informe également qu’elle va attribuer une desserte à fond mobile par CHM. Elle pourra être mise à disposition de ceux qui le souhaitent (même sans CHM) et pour cela elle sera sur le catalogue de la DAPO, ce qui peut-être une bonne chose. Pour les bureaux qui manquent de place, elle nous présente un nouveau CHM avec des cases escamotables pour le TG. Il est actuellement en test à St Just St Rambert (42). Ils seront déployés à partir du 1er trimestre 2008, l’idée est bonne mais ne résout en rien le problème du CHM.
Pour les gauchers, la Direction propose que cette particularité soit prise en compte lors des calcul de la charge (mais elle ne dit pas comment). Pour les gens de petite taille, le nouveau CHM fera 6 cm de moins en hauteur ce qui améliorera leur conditions de travail.

La CGT ne peut pas se contenter de telles réponses sur l’ensemble du dossier CHM. Il faut qu’il soit retiré du circuit et il y a urgence avant que le personnel en paie les conséquences qui parfois sont irréversibles (souffrance, invalidité, licenciement pour invalidité…)
Pourquoi la CGT est contre le CHM ? Parce que l’usage qui en est fait actuellement, contrairement à ce que nous dit La Poste, ne se fait qu’avec des gains de productivité qui augmentent la charge de travail, la pénibilité et le risque de TMS (Trouble Musculosqueletique).
La CGT n’est pas contre la modernisation de l’outil de travail, bien au contraire, mais il faut qu’elle serve à ceux et celles qui contribuent fortement à générer les bénéfices (789 millions d’€ en 2006) à La Poste.
 

 
Partie de la déclaration préalable concernant le CHM lors du CHSCT
Nous sommes convaincus que le CHM est loin d'être la réponse à tous les maux du facteur, bien au contraire, et nous soutenons que cet outil de travail, de par les normes et cadences retenues (1000 / 1200) et son utilisation actuelle, génère plus de stress, plus de pénibilité physique et mentale.
Malgré tous les arguments défendus en séance tant par les MPP que les ergonomes, nous estimons que La Poste n'a pas formulé sa demande en y intégrant la dimension globale du travail (travaux intérieurs+ extérieurs), ni même intégrer l'impact du CHM dans le collectif de travail, ce qui nous semble être indispensable à une véritable politique de prévention puisque, jusqu'à preuve du contraire, les organisations de travail sont bien collectives.
L'argument phare pour justifier le déploiement du CHM, et ce malgré l'avis défavorable du CHS CT, est de lutter contre les TMS. Aujourd’hui au vu de ce qui nous remonte des centres courrier avec des avis qui ne peuvent que nous alerter et qui mettent en doute les améliorations des conditions de travail nous constatons que cela contredit cette affirmation. A l’exemple de Saumur CCT1 dans la DOTC Anjou-Maine, où les facteurs se plaignent d’avoir :
-      des troubles visuel dûs à une trop grande concentration pendant trop longtemps,
-      des vertiges dûs également à la concentration excessive,
-      des maux de bras et d’épaules dûs à une trop grande répétitivité des gestes,
-      des maux de jambes et de genoux dûs aux déplacements incessants et à la position debout prolongée.
Au regard également du rapport du 6 avril 2007 concernant la PDC de Sorigny dans la DOTC Touraine Berry de Mme A. médecin de prévention de l’Indre et Loire qui alerte sur la station debout prolongée et les efforts nécessaire pour glisser les plis dans les cases avec l’étroitesse des séparations qui sont susceptibles de majorer le risque de TMS.
Ainsi que le rapport du 5 juin 2007 concernant Saumur CCT1 de Mr Dominique R. APACT du Maine et Loire qui alerte également sur l’efficacité d’un CHM sur des tournées ayant trop de PDI. Ce qui est également le cas à la PPDC de LAVAL où suite à notre intervention lors de la Commission Condition de Travail du 29 mai dernier, la direction du centre décide enfin de revenir à 9 colonnes au lieu de 11, mais en passant la cadence de tri de 1000 à 1500 objets heure sans concertation et ce qui crée un véritable malaise auprès des agents. Dans cette déclaration nous parlons que de ces 3 centres mais nous pourrions faire état de l’ensemble des sites où sont implantés les CHM et là ce serait un livre et non une déclaration qu’il faudrait écrire.
Comme nous l'avons déclaré en séance le 13 juin 2006, lutter contre les TMS exige, et c'est ce que confirme le livre "Troubles musculo squelettiques et travail, quand la santé interroge l'organisation" éditions ANACT d’appréhender dans un même temps dans sa dimension biomécanique, et psychosociale cette problématique.
Face à l’obstination déplacée de La Poste à laquelle sont confrontées les organisations syndicales, ce ne sont pas de notre part de simples positions de principe, mais bien l'exigence, la détermination à voir les CHS CT de La Poste jouer pleinement leur rôle de préventeur dans une démarche pluridisciplinaire.
Partant pour le moins du principe de précaution, nous réaffirmons notre opposition à la mise en place de ce type de casier et réitérons en insistant très fortement notre demande de retrait des CHM en place aujourd’hui.
 
 
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Publié dans Matériel de la Poste

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