Déclaration des Administrateurs CGT au C.A. du 10 juillet 2008

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS

 




Déclaration des Administrateurs CGT au Conseil d’Administration du 10 juillet 2008


 


Une fois de plus, c’est par annonce de presse que nous avons appris le projet de changement de statut de La Poste et l’ouverture du capital de l’entreprise.

 

Rien à ce sujet n’a été abordé il y a quelques jours au Conseil d’Administration de La Poste du 26 juin, ni évoqué dans le cadre des réunions stratégiques qui se sont succédées ces derniers mois.

 

Aucune organisation syndicale représentative n’a été informée par ailleurs.

Tout se fait en catimini.

On nous parle de confiance, quelle confiance peut-on avoir dans ces conditions ? Aucune transparence n’a cours dans le fonctionnement du Conseil d’Administration de La Poste où tout est décidé sans réel dialogue social, ni respect des partenaires sociaux. Les administrateurs CGT considèrent que leur rôle n’est pas seulement d’être informés (quand ils le sont d’ailleurs), mais aussi d’être entendus sur leurs positions et propositions.

 

Quand on cache aussi longtemps des décisions que l’on veut prendre, c’est qu’elles ne doivent pas être très bonnes pour les principaux intéressés : les postiers et les usagers.

Nous ne pouvons que nous interroger sur le hasard de « ces fuites » qui apparaissent en réalité savamment orchestrées entre l’Etat et La Poste.

 

Les propos de Monsieur Bailly signifiant que ce projet n’a pas été présenté au gouvernement ne trompent personne.

 

De tels projets ne se préparent jamais sans coordination avec les pouvoirs publics !…

 

Comme par hasard, l’annonce a eu lieu en fin de semaine, en plein départ des vacances d’été, au moment où l’avenir de France Télévisions est sur la sellette et ou le Président Sarkozy va assurer le Présidence européenne, offrant ainsi un fameux gage de ses choix libéraux.

 

Même les salariés ont été informés avant nous, en direct avec le président de La Poste, par numéro téléphonique spécial !…

Cette rapidité à rassurer les salariés et les cadres dans la profession nous apparaît bien suspecte, d’autant que les arguments employés sont largement éculés :

« L’ouverture du capital et le changement de statut ne serait pas la privatisation » !… On nous a déjà fait le coup à France Télécom et on connaît la suite.

 

-         « L’Etat restera à 80% détenteur du capital de La Poste ». De tels propos ne sont pas de nature à nous rassurer comme le confirment les promesses non tenues du Président de la République concernant EDF !…

 

-         « Cela serait une bouffée d’oxygène pour récupérer des liquidités afin de développer l’entreprise ». On a vu en 1996 et depuis ce qu’il est advenu de France Télécom !!

Il est tout de même curieux de constater « des coïncidences surprenantes » : les besoins en liquidité annoncés seraient de 2 à 3 milliards d’€uros, somme qui correspond au désengagement de l’Etat vis à vis de La Poste, tant pour le dispositif retraite des fonctionnaires (2 milliards) que sur le cumul des charges indues du Service Public supportées par La Poste seule, que ce soit sur la presse ou l’aménagement du territoire (près d’1milliard).

 

-         « Cela ne changerait rien pour les postiers, ni leur statut »… Au moment même ou le statut des fonctionnaires est attaqué par le gouvernement ou mobilité forcée et garantie de l’emploi sont dans le collimateur, dans le cadre de la Révision Globale des Politiques Publiques.

D’ailleurs La Poste annonce en 2011 une majorité de contractuels de droit privé et une nouvelle Convention Collective bas de gamme se profile : il est à craindre dans ces conditions, des licenciements de contractuels à terme. Quand on sait que l’objectif pour 2010 – 2011 est une marge de profit de plus de 8% et qu’entre 2003 et 2007, près de 48 000 emplois ont été supprimés alors que la marge de profit passait de 2,3% à 6%.

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-         « Ce n’est pas l’actionnariat mis en exergue qui va pallier à la situation désastreuse des salariés à La Poste »... On connaît la situation de l’actionnariat à France Télécom qui a conduit au surendettement de ces salariés !.

A la Poste, les salaires sont dramatiquement bas pour la grande masse des postiers et guère attrayant pour la majorité des cadres. Il faudrait mieux discuter de revalorisation salariale et reconnaissance des qualifications pour permettre une vie digne et une retraite assurée pour les plus petites catégories qui en sont aujourd’hui dépourvues.

 

-         Quant au fait que « l’ouverture du capital permettrait l’unité du groupe »... Permettez nous d’en douter sérieusement. Quand les investisseurs privés entrent dans une entreprise, c’est pour faire du chiffre, un taux de profit toujours plus élevé, donc ils sélectionnent les activités les plus rentables. La répartition des richesses est tournée vers les actionnaires, les banques au détriment de l’investissement productif, de la recherche, des personnels.

 

C’est le contraire du Service Public dont l’objectif est de répondre à égalité, aux besoins de l’ensemble des usagers et dont le socle est la péréquation tarifaire et géographique. C’est sur cette base que le Service Public de La Poste s’est construit dans le cadre de la complémentarité des réseaux et leur unicité qui ont fait le renom de La Poste et cimentée la confiance de ses usagers.

 

Les entreprises privées tournent le dos à ces objectifs. A France Télécom, par exemple, la facture client a été multipliée par 7. A l’ouverture du capital, les effectifs sont passés de plus de 170 000 en 1997 à moins de 100 000 aujourd’hui dans la maison mère FTSA.

Ces trois dernières années 22 000 emplois ont été supprimés et 10 000 agents sont en mobilité forcée. Parallèlement, les dividendes sont passés de 0,22 centimes d’€uros en 2004 à 1,3 €uros, aujourd’hui, en 2008.

 

Aucun argument crédible n’est avancé et pour cause. La privatisation dont le mot vous offusque, signifie suppressions d’emplois, accroissement de la productivité, abandon du Service Public et toujours plus de dividendes pour les actionnaires, y compris l’Etat !!. L’Etat majoritaire n’est pas une garantie.

 

L’intérêt de l’actionnaire prime sur l’intérêt général et la logique de financiarisation et de profit l’emportent sur la logique d’exigences de réponse aux besoins.

 

Les administrateurs CGT de La Poste s’opposent tant sur la forme que sur le fond à de tels projets. La méthode est lamentable et irrecevable.

 

Le choix du gouvernement et de La poste est de tenter de passer en force au lendemain de la Présidence française au sommet européen, instance sourde à l’avis des peuple, du moins à ceux à qui on donne le droit de se prononcer.

 

La Poste mérite mieux et les postiers qui la font au quotidien aussi. Un débat public et démocratique an plan national doit s’instaurer où tous les avis doivent être pris en compte et méritent une décision réellement démocratique quant à l’avenir du Service Public Postal.

 

Cela concerne les postiers, les usagers, les élus à tous les niveaux.

 

Nous nous félicitons de la déclaration commune des organisations syndicales dénonçant cette privatisation et préparant l’action unitaire à la Rentrée.

 

 

 

 

Montreuil, le 10 juillet 2008

 



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Publié dans Service public

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