Tract contre la privatisation de la Poste - Journée du 23 septembre
Toutes et tous en grève unitaire le 23 septembre
Un service public postal moderne et rénové : les facteurs disent OUI.
Privatisation : les facteurs disent NON !
Le Président de la Poste confirmait ces derniers jours, après une fuite d’information auprès des médias savamment orchestrée en juillet, le changement de statut et l’ouverture du capital de la Poste.
Dès le 1er jour la CGT s'est opposée à ce projet de privatisation et a engagé la lutte en faisant des propositions.
Si Jean Paul Bailly se veut rassurant tant sur notre avenir de postier que sur la volonté de l’Etat de ne pas aller au delà de 20%, le constat que nous pouvons faire sur les ouvertures de capital c’est que cela aboutit toujours à la privatisation. Les exemples de France Télécom, EDF ou GDF sont largement démonstratifs de cette réalité. Pour autant les questions que nous devons nous poser en premier lieu sont : ces transformations bénéficient-elles au personnel ? Se traduisent-elles par une amélioration pour le service public, pour les usagers ?
La réponse est évidemment négative dans les 2 cas.
Privatisation : danger pour les droits et garanties des personnels
La privatisation conduirait à des milliers de suppressions d’emploi à court terme (ACO et AFO).
La recherche du taux de profit le plus élevé est en concurrence avec la masse salariale ; aucun actionnaire n’acceptera d’avoir 290.000 postiers à La Poste !
Ce serait de fait la disparition programmée du rôle social du facteur, ce serait la fin de la proximité des liens privilégiés usagers facteurs donc du service public et des ses missions.
Alors que, sous prétexte de concurrence, l’exploitant transforme en profondeur notre métier, de plus en plus de facteurs éprouvent des difficultés à assurer leur tournée quotidienne. Les réorganisations se multiplient, les cadences de tri, de temps de préparation, de distribution sont sans cesse remises en cause. Les charges transportées mais aussi le nouveau matériel (CHM…) développent de plus en plus de pathologies, créant ainsi nombre d’inaptitudes chez les agents, culpabilisés bien souvent, par la suite, d’être à l’origine des dysfonctionnements dans l’organisation du travail et des services.
Au lieu de se traduire par une amélioration des conditions de travail, les nouvelles organisations, telle Facteur d’Avenir associées aux technologies de pointes (machines TTF) visent à supprimer de l’emploi et à étendre les horaires de travail sur toute la journée. De plus en plus de nos collègues relèvent l’impossibilité de marquer la pause méridienne (repas) et finissent la semaine, le samedi en milieu d’après midi. Il ne reste donc plus que le dimanche pour se ressourcer.
D’autre part plus de 80% du personnel de la distribution reste dans la catégorie des petits salaires de l’entreprise en classe et le recrutement exclusivement sous contrat de droit privé se traduit par la baisse de la masse salariale.
Sous couvert de l’ouverture à la concurrence qui s’instaure et qui sera totale sur la distribution du courrier dès janvier 2011, ces différents schémas d’orientation, de choix d’organisation et restructuration des services sont présentés par la Poste comme inéluctables.
Et pourtant l’exploitant réalise 943 millions d’euros de bénéfices pour le groupe La Poste en 2007. De quoi aiguiser l’appétit des grands groupes financiers et autres actionnaires de tout poil !!
La privatisation de La Poste serait-elle alors LA solution pour améliorer tous ces problèmes ?
Certainement pas..
Service public et service marchand
Le service public donne à chaque usager un droit à la communication sans distinction de moyens financiers, de situation sociale ou géographique sur la base de la péréquation tarifaire. Qu’en adviendrait-il dans une logique de concurrence privée exacerbée, où le service serait payé en fonction des divers critères de volume de courrier traité, de densité de population et pour lesquels le seul critère de rentabilité fait loi.
Dans la quasi totalité des zones rurales l’exploitant PUBLIC assure aujourd’hui la plus grosse part de la distribution de la PNA car les opérateurs concurrents ne considèrent pas ce marché suffisamment rentable. Des entreprises PRIVEES accepteront-elles demain de distribuer la presse, la totalité du courrier sur la base de la péréquation tarifaire 6 jours par semaine, et ce, dans tous les points de remise de la commune ? Et sinon qui paiera la différence ? Le client ou le citoyen au travers de ses impôts ? Le rôle social du facteur, souvent dernier trait d’union entre les citoyens, serait-il toujours à portée de tout un chacun, sans condition de moyens financiers ?
Gageons que la complémentarité des services de La Poste serait également remise en cause sous couvert de concurrence jugée déloyale par les autres opérateurs, d’où le risque de la perte d’unicité du groupe et la suppression massive de bureaux de Poste. Or, aujourd’hui de nombreux élus et leurs concitoyens manifestent et luttent pour garder leur bureau de Poste.
Toutes ces données émanent du choix délibéré de la Poste et du gouvernement de transformer le service public postal et la communication écrite en une simple marchandise.
Les agents de la distribution ne peuvent se résoudre à une privatisation de La Poste. Les bénéfices engrangés doivent permettre au contraire de répondre aux revendications des personnels, développer le service public postal en proposant de nouvelles prestations basées sur l’égalité des usagers
Ensemble, soyons à l'offensive
pour la satisfaction de nos revendications
contre la privatisation de La Poste
Toutes et tous en grève le 23 septembre 2008
Fédération nationale des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications CGT
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