La poste autrichienne supprime des emplois en masse
Source : AFP
« Autriche: la Poste envisage 9.000 suppressions d'emplois d'ici 2015
VIENNE - La Poste autrichienne veut supprimer 9.000 emplois et fermer les trois quarts de ses bureaux d'ici à 2015 pour faire face à l'ouverture du marché à la concurrence, selon le quotidien Kronen Zeitung dimanche.
Ces mesures doivent être arrêtées mercredi à l'occasion d'une réunion du conseil de surveillance de l'entreprise, entrée en Bourse en mai 2006 et encore contrôlée à 51% par l'Etat.
La Poste autrichienne, qui exploite actuellement 1.300 bureaux et emploie 22.900 salariés dans le pays, souhaite réduire la voilure à 300 bureaux d'ici sept ans, selon le Kronen Zeitung.
Plusieurs journaux ont évoqué ces derniers jours la fermeture de 300 nouveaux bureaux de poste dès 2009.
Ces informations, qui n'ont pas été officiellement confirmées, ont suscité une levée de boucliers des syndicats ainsi que de l'opposition verte et d'extrême droite, et l'inquiétude de nombreux élus locaux.
Dénonçant "une coupe à blanc", le président de la Fédération des communes, Helmut Mödlhammer, a notamment indiqué samedi qu'il se réservait la possibilité d'agir en justice.
Le dirigeant du syndicat de la Poste, Gerhard Fritz, a pour sa part demandé dimanche au ministre des Finances conservateur Wilhelm Molterer de faire cesser une "stratégie folle" conduisant à la "destruction" de l'entreprise.
M. Molterer et le ministre des Infrastructures le chancelier désigné social-démocrate Werner Faymann, se sont toutefois rejeté la responsabilité de cette évolution.
M. Faymann a assuré par le biais d'une porte-parole qu'"avant que 9.000 postiers partent, il faudra que le directoire (de la Poste) parte".
La Poste souhaite réduire ses coûts de fonctionnement en externalisant ses services de proximité dans le cadre de l'ouverture du marché courrier à la concurrence en 2012. Elle a déjà procédé à la fermeture d'un millier de bureaux depuis le lancement du processus de privatisation partielle en 2002.
La société, qui dispose également de filiales en Allemagne et en Europe centrale, emploie 26.800 personnes au total et a réalisé au premier semestre un bénéfice net de 70,1 millions d'euros, en hausse de 3,4%, pour un chiffre d'affaires de 1,2 milliard (+7,3%). »
[MAJ du 10/11/08] :
« L'Autriche secouée par des milliers de licenciements à la Poste et dans les telecoms
VIENNE (AFP) — La suppression annoncée de milliers d'emplois notamment à la Poste et dans les télécommunications en Autriche met dans l'embarras les dirigeants politiques, déjà empêtrés dans la privatisation de la compagnie aérienne Austrian Airlines.
Alors que le gouvernement a engagé ces dernières années une campagne de privatisations massives, les derniers fleurons encore partiellement contrôlés par l'Etat multiplient les annonces de mauvaises nouvelles.
L'opérateur de téléphonie historique Telekom Austria, dont l'Etat détient encore 27,37%, devait en principe confirmer lundi la suppression de 2.500 postes sur ses quelque 11.400 salariés en Autriche, face à la chute de son activité en téléphonie fixe.
Cette décision, attendue de longue date, coïncide avec le dernier coup de tonnerre dans le paysage social autrichien: l'annonce ce week-end de la suppression d'ici à 2015 de 9.000 emplois sur un effectif de 24.000 et de la fermeture des trois quarts des bureaux de la Poste.
Entrée en Bourse en mai 2006 et contrôlée à 51% par l'Etat, la Poste a précisé lundi, par la voix de son PDG Anton Wais, vouloir se "préparer à temps" à l'ouverture à la concurrence en 2011 du marché du courrier dans l'Union européenne. Il a refusé de commenter les chiffres.
Le dirigeant du principal syndicat de la Poste, Gerhard Fritz, réfléchi à la possibilité d'une grève et a demandé au ministre des Finances conservateur Wilhelm Molterer de faire cesser une "stratégie folle" conduisant à la "destruction" de l'entreprise. Le petit syndicat chrétien a annoncé un référendum d'initative populaire.
Ministre des Infrastructures et chancelier désigné, le social-démocrate Werner Faymann a rejeté la responsabilité sur M. Molterer et plaidé pour un droit de veto aux élus touchés par les fermetures.
"Avant que 9.000 postiers ne partent, il faudra que le directoire (de la Poste) parte", a-t-il ajouté par le biais de sa porte-parole.
Selon M. Molterer, un des principaux architectes des privatisations, "le temps où les politiques se mêlaient de la gestion des entreprises est, espérons-le, passé et ne reviendra pas".
Les analyses divergent en Autriche sur les raisons des coupes claires envisagées: est-ce à cause de la privatisation et par souci de soutenir leurs cours en Bourse (l'action Telekom a perdu 45% sur un an, celle de la Poste 14%) ?
En tout état de cause, la Poste et Telekom Austria comptent sur l'Etat pour prendre en charge les 3.000 et 2.000 fonctionnaires salariés dont ils veulent se défaire. Cela pourrait se faire par une agence publique qui serait chargée leurs verser les salaires même sans qu'ils travaillent. »