Manifestations du 29 janvier : le point en France

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Sources : Challenges, AFP



« Ce qu'il faut retenir de la mobilisation de jeudi

 

 

Grève générale: le défi lancé à Sarkozy

 

Défiance et colère. Des centaines de milliers de salariés du public comme du privé se sont mobilisés jeudi dans toute la France pour interpeller Nicolas Sarkozy, le gouvernement et le patronat face à la crise, exigeant partout l'arrêt des suppressions de postes et des "cadeaux aux banques et aux entreprises", ou encore une hausse générale des salaires et des pensions. Les manifestations ont rassemblé plus d'un million de personnes selon la police, 2,5 millions selon la CGT.

 

A Paris, le cortège qui s'étirait sur plus de 4km a rassemblé 65.000 personnes selon la police, 300.000 selon les syndicats, une mobilisation inédite depuis les grandes manifestations contre le Contrat première embauche (CPE) de 2006 qui avaient fait vaciller le gouvernement Villepin. Les derniers manifestants place de la Bastille, sont partis après 18h alors que la place de l'Opéra était noire de monde.

 

Des manifestations mobilisatrices. En fin de journée, le ministère de l'Intérieur évoquait 1,08 million de manifestants, tandis que la CGT faisait état de 2,5 millions de personnes en France, et la CFDT évoquait une des plus grosses journées de mobilisation de ces vingt dernières années: la précédente journée unitaire, en mai 2008, avait rassemblé de 300.000 à 700.000 manifestants, et on en comptait 1 à 3 millions en 2006 (CPE), en 2003 (retraites) et en 1995 (Sécurité sociale).

 

"De l'argent il y en a, dans les caisses du patronat. On va v'nir le chercher, ça va péter!", ou encore "Public, privé, solidarité!", scandaient les manifestants. De nombreuses pancartes et banderoles ciblaient Nicolas Sarkozy: "Hier ton anniversaire. Aujourd'hui ta fête!", pouvait-on notamment lire, et également, en bordure de cortège, au-dessus d'un trottoir: "Désormais, lorsqu'il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit. La preuve!". 

 

Le PS présent. Pour la première fois depuis longtemps, le PS était présent, ses dirigeants saluant le cortège devant le Cirque d'hiver. "Nous sommes ici pour accompagner les Français qui aujourd'hui disent 'ça suffit' [...] et pour dire au président de la République: 'écoutez-les, prenez la mesure de ce qui se passe dans le pays et apportez enfin les réponses en changeant de politique'", a expliqué le premier secrétaire Martine Aubry.

 

Des mots d'ordre variés. Lancé en faveur de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics, et contre la politique anti-crise du gouvernement, le mouvement s'est traduit par des slogans traduisant le sentiment de certains salariés d'être laissés pour compte ("La crise, c'est eux, la solution, c'est nous", "Trop de politique spectacle, pas assez d'actes pour les salariés", "Ce n'est pas aux salariés de payer pour les banquiers") mais aussi par des revendications liées aux réformes en cours ("De l'argent pour l'hôpital, pas pour le capital", "Ni pub ni soumise", "Des profs pour nos enfants chez les parents d'élèves").

 

Les syndicats se réuniront lundi à partir de 18h au siège de l'UNSA à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites. "S'il n'y a pas de réponse, l'ampleur de la mobilisation obligera à des suites pour ne pas décevoir tous les gens qui se sont déplacés" jeudi, a prévenu le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

 

Le gouvernement a "un service minimum social et républicain à effectuer", pour répondre aux inquiétudes des manifestants, a estimé le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, tandis que celui de la CGT Bernard Thibault a jugé qu'il ne sera pas "possible" pour Nicolas Sarkozy de répondre "'j'ai rien vu, j'ai rien entendu et j'ai rien à dire'".

 

Si les cortèges ont été extrêmement denses, les grèves, notamment dans les transports, n'ont pas entraîné de paralysie. A Paris, le trafic RATP n'a été perturbé de façon significative que dans le RER. A la SNCF, la direction dit avoir pu assurer la circulation de plus de la moitié des Transiliens et des TER, et de plus de 60% des TGV au niveau national. Selon la direction, 36,7% des cheminots avaient cessé le travail.

 

En province, le trafic a été perturbé de manière importante dans une trentaine de villes, notamment Clermont-Ferrand, Dijon, Le Havre ou encore Marseille, selon l'Union des transports publics (UTP). Dans le ciel, Aéroport de Paris (ADP) faisait état de retards et de 12% de vols annulés à Roissy, 35% à Orly jeudi matin.

 

Le taux de mobilisation était en moyenne de 25,9% chez les fonctionnaires, selon leur ministère de tutelle, avec, dans le détail, 33,1% dans la Fonction publique de l'Etat, 18% dans la Fonction publique territoriale et 19,6% dans la Fonction publique hospitalière.

 

Un tiers des enseignants en grève. L'Education nationale était également mobilisée avec, selon le ministère de l'Education, 35% de ses personnels en grève, dont 37% des enseignants (47,92% des enseignants du primaire et 28,03% des enseignants du secondaire). Les syndicats ont annoncé pour leur part 67,5% de grévistes en primaire et pratiquement 60% dans le secondaire.

 

A La Poste, entre 28% et 40% des personnels étaient en grève jeudi, selon les sources. Dans le privé, de nombreux préavis de grève avaient été déposés dans la plupart des banches professionnelles, et en particulier dans la métallurgie qui comprend le secteur automobile où plus de 500 arrêts de travail ont été observés, selon la CGT.

 

C'était également le cas de 30% des salariés de l'audiovisuel public (les JT de France 2 et de France 3 de la mi-journée étaient perturbés, comme les antennes de Radio France), de 30% (selon la direction) à 35% (selon Sud) de ceux du groupe France Télécom, sans impact sur le réseau,  de 33% de ceux d'EDF… Des débrayages ont également eu lieu dans le secteur privé, notamment dans les domaines les plus touchés par la crise: on comptait par exemple 16% de grévistes chez LCL et 10% chez Renault. Différentes branches des ouvriers du Livre CGT ainsi que l'intersyndicale des journalistes ayant appelé à cesser le travail, les quotidiens nationaux ne paraîtront pas vendredi matin.

 

Quels prolongements? Reste maintenant à savoir quelles seront les conséquences de cette journée de grève, car Nicolas Sarkozy a jugé "légitime" l'inquiétude qui s'est exprimée mais "déterminé" à poursuivre les réformes. Il a confirmé qu'il rencontrerait les partenaires sociaux en février pour "convenir du programme des réformes à conduire en 2009". Les syndicats doivent eux se rencontrer lundi prochain et n'écartent pas de nouvelles actions, alors que le ministre du Travail, Brice Hortefeux, leur a expliqué que "sa porte était toujours ouverte". 

 

Dans la rue, on comptait 56.000 manifestants selon la police, 90.000 selon les organisateurs à Toulouse, entre 34.000 et 60.000 à Grenoble, 25.000 et 60.000 à Clermont-Ferrand, 26.000 à 35.000 à Lille, 25.000 à 30.000 à Montpellier, entre 20.000 et 25.000 à Nancy, 11.000 à 20.000 à Saint-Etienne, 9.500 à 15.000 au Havre, 7.500 à 12.000 à Besançon, 7.000 à 25.000 à Roanne, 7.000 à 20.000 à Strasbourg, 5.500 à 8.000 à Mulhouse, et, selon la police, 35.000 à Nantes, 10.000 à Caen, 15.000 à Rouen.

 

En Bretagne, 66.000 à 103.000 manifestants se sont mobilisés dans le Finistère, les Côtes d'Armor et le Morbihan, et de 20.000 à 30.000 personnes à Rennes (Ille-et-Vilaine), selon les sources. »



 

 

« Thibault (CGT) met en garde Sarkozy contre les rendez-vous sans résultat

 

 

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a mis en garde jeudi soir le chef de l'Etat contre une multiplication des rendez-vous sans résultat avec les syndicats, au soir d'une journée d'arrêts de travail et de manifestations massives dans toute la France.

 

Alors que Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi soir qu'il recevrait les organisations syndicales en février, M. Thibault a jugé sur France 2 que "c'était à la fois important en terme de symbole et de rendez-vous".

 

"Mais s'il s'agit, comme je crains de le comprendre, de discuter de l'agenda des réformes que le président de la République a dans ses tiroirs, nous serons très largement en décalage avec ce que porte cette journée et la discussion n'ira pas très loin", a-t-il averti.

 

"Ce n'est pas la multiplication des rendez-vous qui comptent mais le résultat", a-t-il dit, soulignant la présence dans les cortèges syndicaux de salariés du privé, et même de "petits artisans, patrons ou commerçants".

 

"Il y a nécessité de réévaluer les sujets considérés comme prioritaires par le président de la République, en examinant la plate-forme commune des organisations syndicales", a-t-il ajouté: "emploi, pouvoir d'achat, nature des aides publiques, situation économique, situation des banques, mesures de soutien avec des contreparties dans différents secteurs, politique industrielle, services publics, etc.".

 

"L'Etat n'est pas l'acteur principal de l'emploi dans les entreprises privées, mais dans la fonction publique, (...) il serait peut-être temps de réévaluer la politique de l'emploi", a dit M. Thibault ».

 


 

 







 


 Source : AFP




« La mobilisation secteur par secteur

 

 

Voici l'état de la mobilisation jeudi en fin d'après-midi, secteur par secteur, dans le cadre de la journée de grèves et de manifestations:

 

Fonction publique: Près de 26% des fonctionnaires ont fait grève à l'appel de tous les syndicats, selon le ministère (33,1% dans la Fonction publique d'Etat, 19,6% dans les hôpitaux, 18% à la Fonction publique territoriale ).

 

La CGT a revendiqué entre 40 et 45% de grévistes.

 

Education: Près de la moitié des enseignants en grève jeudi dans le primaire (48%) et un peu plus du quart (28%) dans le secondaire, selon le ministère, la FSU donnant un pourcentage de grévistes supérieur, surtout dans le secondaire: 67,5% de grévistes dans le primaire, près de 60% dans le secondaire.

 

SNCF: La grève a été suivie par 36,7% des agents selon la direction, et 41% selon la CGT.

 

Il y a eu plus de trains que prévu sur le Transilien (Paris-Nord, Montparnasse et Saint-Lazare), en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais.

 

Plus de 60% des TGV ont circulé, 50% des Transilien (au lieu de 45% prévus) et 40% des TER, aucun TGV province-province n'a fonctionné.

 

Aucun train de nuit, sur les réseaux national et international, ne circulera dans la nuit de jeudi à vendredi.

 

RATP: Trafic meilleur que prévu, avec 75% des métros, 85% des bus et la plupart des tramways, mais très perturbé pour le RER.

 

Les taux de grévistes étaient, selon la CGT, de 48% chez les conducteurs du métro, 97% chez ceux des RER A et B, aucun chiffre n'étant disponible auprès de la direction.

 

Transports urbains: Situation variable dans les capitales régionales: fortes perturbations à Lyon, voire à Marseille, assez peu sensibles à Lille.

 

Au total, quelque 32% des salariés des réseaux de transports urbains de province étaient en grève, selon l'UTP (Union des transports publics et ferroviaires).

 

Aéroports: Les vols ont enregistré en moyenne une heure de retard à Orly et une demi-heure à Roissy en raison de la grève mais aussi du brouillard. La situation est redevenue normale en milieu d'après-midi.

 

35% des vols à Orly et 10% à Roissy avaient été annulés préventivement par les compagnies.

 

Environ 15% des contrôleurs aériens étaient en grève.

 

Justice: Les sections CGT, CFDT, FSU, Usaj-UNSA du ministère de la Justice, le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF) avaient appelé à se mobiliser.

 

Au Palais de Justice de Paris, l'activité a été très ralentie.

 

Audiovisuel public : fortes perturbations à Radio-France (30,13% de grévistes dans la matinée, selon la direction) et France Télévisions.

 

France Télécom: Plus de 30% des salariés ont fait grève à l'appel de tous les syndicats, "sans impact sur le réseau", selon la direction (42% selon Sud dans la matinée).

 

La Poste: Environ 28% des postiers ont fait grève à l'appel des syndicats FO, CFTC, Sud, CGT et CFDT, selon la direction (40% selon la CGT et Sud dans la matinée).

 

Energie (EDF, GDF Suez...): 33% des salariés d'EDF ont fait grève à l'appel des syndicats FO, CFTC, CGT, CFDT et CFE-CGC, selon la direction (78% selon la CGT énergie dans la matinée).

 

Service public de l'emploi: Au Pôle emploi (ANPE et Assedic), 25,4% des agents ont fait grève à l'appel de quatre syndicats, selon la direction (30% selon les syndicats). La grève a été bien suivie à l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) avec 47% de participation (direction).

 

Appels divers à la grève: dans les banques, chez Renault (10% de grévistes), PSA Peugeot-Citroën, les enseignes Auchan, les magasins Virgin...




 


 


Tour de France (non exhaustif !) en vidéos : 




Un point global (source : France 2) :







Autre point global :







 





A Clermont Ferrand : 




 




A Orléans :








 

 

A Millau :








 


 


A Niort :





 

 

 




A Marseille :









Au Havre (vidéo très courte!) :









A Bordeaux :










A Paris (Source : NPA (membre du Comité national contre la privatisation de la Poste)) :









A Nîmes :















A Caen :





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Publié dans Luttes

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