Appel du comité national contre la privatisation de la Poste
Vu sur le web (source : Boursorama,AFP) :
« La Poste: associations, syndicats, politiques lancent un appel historique
Des syndicats, associations et partis de gauche ont lancé jeudi un appel et un comité national contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal, qualifiant cette initiative d'"historique".
"Nous estimons tous que nous vivons un moment historique. Il y a longtemps qu'il n'y avait pas eu une convergence de cette ampleur entre les organisations syndicales, les associations et les partis politiques", a déclaré Jacques L, responsable de FO-Communication lors d'une conférence de presse. "Parler de cotation en bourse, de privatisation, avec la débandade actuelle de la mondialisation et ce qui se passe aujourd'hui sur les marchés, c'est vraiment nous prendre pour des idiots!", a noté par ailleurs M. L. "L'objectif de cet appel est de faire reculer le gouvernement et éviter une privatisation de La Poste", a poursuivi M. L., ajoutant: "c'est un combat que nous devons gagner".
"Nous avons le soutien d'un grand nombre d'élus locaux", a affirmé Colette D. (CGT).
L'annonce mercredi par Nicolas Sarkozy de la création d'une commission chargée de réfléchir d'ici fin novembre à l'avenir de La Poste, est une "manoeuvre", a estimé Régis B. (Sud-PTT)."C'est un contre-feu, de la poudre aux yeux face à la mobilisation qui monte", a-t-il dit.
"On peut très bien imaginer à l'avenir qu'un facteur ne passe qu'une fois par semaine dans les villages reculés parce que tous les jours, ça coûte trop cher", a expliqué Olivier M.(CFTC).
Les syndicats ont enfin réitéré leurs craintes pour l'emploi, redoutant des "dégraissages massifs" dans le cadre d'une ouverture de capital.
Parmi les signataires de cet appel commun: la CGT, la CFTC, FO, Solidaires, la FSU, Attac, Droit au logement, la Fondation Copernic mais aussi le Parti socialiste, le Parti communiste, Les Verts et la Ligue communiste révolutionnaire.
Selon le texte de l'appel, des comités locaux vont être créés afin de "rassembler" et de peser le plus largement possible contre la privatisation. Le projet d'ouverture de capital de La Poste est "une offensive sans précédent contre le noyau dur du service public. C'est une attaque contre un symbole cher à l'ensemble de la population", ajoutent les signataires de l'appel.
"Notre initiative est historique", a renchéri Christian Martin, secrétaire national du PS en charge des services publics.
"Il faut que le gouvernement renonce à son projet, il faut soutenir la grève du 23 (septembre), obtenir un débat public, et si ce n'est pas le cas, il y a la perspective du référendum", a-t-il ajouté. »
Réunies hier soir, les différentes organisations lancent un appel commun :
Appel à la mobilisation :
- contre la privatisation de La Poste,
- pour un débat public et un référendum sur l'avenir du service public postal
Les organisations syndicales, politiques et associatives signataires affirment que le service public postal appartient à tous les citoyens. C'est pourquoi elles demandent l'organisation d'un vrai débat public permettant l'implication des citoyens. Ils doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par un référendum.
Sacrifiant l'intérêt général à l'aventure spéculative, le Gouvernement soutient le projet, annoncé brutalement début juillet, de transformation de La Poste en société anonyme et d'ouverture de son capital.
Quand on regarde ce qui s'est déjà passé en France, notamment avec France Télécom, EDF et GDF, ainsi qu'à l'étranger, cela s'appelle une privatisation. Nous la refusons !
Il s'agit d'une offensive sans précédent contre « le noyau dur du service public ». C'est une attaque contre un symbole cher à l'ensemble de la population. C'est une attaque contre une réalité vécue, celle d'un service ouvert à tous, efficace, garant de proximité et jouant un rôle social essentiel. Que deviendraient les plus fragiles ou les plus isolés de nos concitoyens en cas de banalisation de La Banque Postale, de réduction de tournées de facteurs, de fermeture massive de bureaux de poste ?
L'ensemble des organisations syndicales, politiques et associatives signataires :
entendent s'opposer résolument à la privatisation de La Poste. La mobilisation de toutes et de tous doit contraindre le Gouvernement à y renoncer,
exigent que le service public soit maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l'ensemble du territoire.
La Poste ne doit pas être une entreprise comme les autres. Sa vocation première, sa raison d'être c'est le service public. La Poste est un « service public national » qui est « la propriété de la collectivité », selon le préambule de la Constitution. Ce même texte définit l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction d'origine ni de religion. Pour tous et partout, le droit à la communication, le droit à l'adresse, le droit au compte et l'accessibilité bancaire doivent figurer au premier rang des missions de La Poste.
Il est impensable que l'on puisse décider de son avenir, de la transformer radicalement sans consulter ses véritables propriétaires, les citoyens !
Sur ce sujet vital, la réflexion et la décision ne peuvent être réservées à tel ou tel cercle, aussi avisé qu'il se prétende. Il est légitime que la population, élargissant ainsi les nécessaires mobilisations des postières et des postiers, puisse débattre largement et s'exprimer directement. Si la démocratie c'est la liberté de choisir, encore faut-il que le choix soit possible. Il est juste que les citoyens, propriétaires et usagers de La Poste, les élus locaux et le monde associatif et bien sûr les postières et les postiers et leurs syndicats puissent défendre leur conception du service public. Ils sont, au-delà de la critique, à même de proposer une voie alternative à celle qu'on cherche à leur imposer au nom d'une prétendue fatalité.
D'autant que, partout en Europe et dans le monde, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d'emplois.
L'article 11 de la Constitution révisée ouvre le droit d'initiative citoyenne. Les citoyens doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par référendum.
C'est pourquoi nous créons le Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour l'ouverture d'un débat public et un référendum sur le service public postal. Ce Comité est constitué des représentants des organisations syndicales, politiques et associatives déjà signataires et à venir. Il appelle à créer dans tout le pays des comités locaux, ayant pour but de rassembler toutes celles et tous ceux qui souhaitent atteindre ces objectifs.
Paris, le 17 septembre 2008
Liste des premiers signataires :
CFTC Postes et Télécommunications ; Confédération CFTC ; Fédération des Activités Postales et des Télécommunications CGT ; Fédération CGT Finances ; Confédération CGT ; Fédération FO Communication ; Confédération FO ; SUD PTT ; Solidaires ; FSU ;
Les Alternatifs ; Alternative Libertaire ; Forces Militantes ; Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme ; Ligue Communiste Révolutionnaire ; MARS Gauche Républicaine ; Mouvement des Jeunes Socialistes ; Mouvement Républicain et Citoyen ; Parti Communiste Français ; Parti Socialiste ; Pour la République Sociale ; Les Verts ;
Association Force Ouvrière des Consommateurs ; ATTAC ; Convergence des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics ; Droit au Logement ; Fondation Copernic ; Initiative pour un Autre Monde ; Marches Européennes ; Mouvement Politique d'Education Populaire ; Réseau Européen des Missions Publiques ; Résistance Sociale ; Union des Familles Laïques.
Cliquez ici pour signer en ligne l'appel à la mobilisation contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal
Et une vidéo en prime :
