Privatisation de la Poste : Bailly et l'Etat ne sont pas sereins
Vu dans la presse (source : Libération) :
« La Poste : la gauche serre les coudes, Sarkozy lâche du lest
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Le projet d’ouverture du capital de La Poste a eu cette vertu-là : faire communier la gauche autour d’une cause, la défense du service public postal.
Trop chaud pour l’Elysée. Hier, Nicolas Sarkozy a donc sorti sa tenue de pompier. Puisque la gauche veut un débat, il va l’organiser. D’où cette annonce, dans la foulée du conseil des ministres et après avoir requis au Château, François Fillon, épaulé par Christine Lagarde (Economie) et Luc Chatel (Industrie), en charge tous deux du dossier, de sa décision de mettre sur pied une commission. Vingt-deux membres, élus locaux, parlementaires, syndicalistes vont être priés de réfléchir à l’avenir de La Poste. Le vocabulaire, note un syndicaliste, est retenu. On évite les mots qui alarment comme «changement de statut», ou «ouverture du capital», deux révolutions réclamées par le patron de La Poste, et on évoque «le projet de transformation de La Poste», formule soft reprise dans le communiqué de l’Elysée.
Hier soir, à la Bourse du travail, les initiateurs du référendum postal s’étaient donnés à nouveau rendez-vous. Et on se bousculait presque dans les rangs de la gauche plurielle, pour apposer son paraphe au bas d’un «appel à la mobilisation contre la privatisation», et «pour un débat public et un référendum sur le service postal», dont chaque mot est pesé.
L’idée d’un appel à un référendum lancée à la fin d’août par FO-Com et tout de suite adoptée par Sud-PTT et la CFTC - et soutenue par Libération - a donc fini par fédérer. Vendredi soir, explique un participant, «on savait que c’était gagné». De fait, le PS et la CGT, pas franchement partisans d’un combat focalisé sur une consultation populaire, signent vendredi une première déclaration commune aux côtés d’une trentaine d’acteurs.
L’Elysée a t-il senti le vent du boulet ? C’est le sentiment de Régis B. de Sud-PTT : «Notre déclaration de vendredi soir a beaucoup perturbé.» A la direction générale de La Poste, aussi bien qu’à l’Elysée. Le fait est qu’au Château, pointe Jean-François D., secrétaire de la CGT-Fapt, «les lignes ont bougé».
Et de rappeler les propos de début juillet du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, confirmant le projet d’ouverture du capital de la Poste puisqu’il ne voit pas d’autres solutions. Le changement de cap impulsé aujourd’hui par l’Elysée, «c’est du pur Sarko», renchérit Christian Martin, chargé du dossier au Parti socialiste. Le chef de l’Etat se serait décidé en tout début de semaine. «On m’a téléphoné lundi», confirme Pierre Hérisson, grand spécialiste UMP de La Poste. «On m’a dit qu’on allait ouvrir une consultation et on m’a demandé si je voulais faire parti de la commission.»Dans les rangs de la gauche, l’annonce élyséenne a musclé les discours. La CGT salue «le rassemblement historique». Jean-François D. poursuit : «cela n’a jamais existé autour d’EDF, GDF, ni de France Telecom !»
A écouter également le débat présenté par Raphaëlle D. sur France Info dans l’émission Duel du jour :
« Alors que La Poste doit ouvrir son capital pour janvier 2010, Nicolas Sarkozy a mis en place une commission regroupant des parlementaires, des élus locaux et des représentants syndicaux. Leur travail : plancher sur l’avenir du service postal.
Est-on obliger de passer par une ouverture du capital pour moderniser le service public ? L’ouverture du capital n’annonce-t-elle pas la privatisation ? Faut-il privatiser La Poste ?
Pour en débattre :
Denis O., président du Nouvel Observateur
Nicolas B., essayiste »