Transformation du statut de la Poste : suite... (et toujours NON !)

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS



Vu dans la presse (source : Libération) :





« La direction tente de calmer les syndicats

 

 

Course de vitesse à La Poste entre Jean-Paul Bailly et les syndicats sur le front de la communication. Et c’est le patron de La Poste qui a tiré le premier sur le sujet ultrasensible du changement du statut, en confirmant la fuite dévoilée dans le journal le Monde vendredi. Soit quatre minutes d’une prise de parole sur un numéro gratuit (0800 006 363) pour s’adresser le premier aux 285 000 postiers :

 

«Bonjour, vous avez lu dans les journaux, entendu à la radio […] des informations concernant un changement de statut dans l’entreprise et l’éventuelle ouverture du capital. Comme toujours, ces informations tendent à présenter les choses comme étant des décisions, alors qu’il s’agit d’hypothèses. A la date d’aujourd’hui, aucune proposition n’a été faite à l’Etat. En revanche, il est exact que j’ai fait mettre à l’étude de telles perspectives.» Au moins, les choses sont dites et même assumées. Et le patron des postiers d’énumérer tous les bons motifs d’une réforme qu’il appelle de ses vœux, mais aussi les garde-fous. Jean-Paul Bailly joue une partie serrée. Face à lui, un front syndical uni et remonté comme une pendule, à quelques jours du pont du 14 Juillet et de l’engourdissement estival.

 

«Carte postale». Pris de court, Jean-Paul Bailly a fait le ménage dans son agenda et reçoit ce matin FO, suivi de la CGT, puis la CFDT. Mais pas SUD-PTT, second syndicat de l’entreprise publique. Flottement. SUD-PTT se dit «discriminé». La Poste corrige et dit vouloir inviter SUD plus tard, c’est-à-dire jeudi. La direction veut-elle enfoncer le coin dans l’union syndicale ? L’unité se dessine pourtant : toutes les formations se retrouveront demain matin au siège de FO pour «regarder les conditions pour une réponse unitaire», dixit la CGT, et lister les actions.

 

La CGT veut croire que le «coup bas» de Nicolas Sarkozy, porté exprès en début d’été, ne va pas démoraliser les postiers, bien au contraire : «L’histoire de La Poste est jalonnée de conflits violents justement pendant les vacances.» Il va falloir surtout faire la jonction avec les citoyens - une pétition nationale «contre la privatisation» part dès aujourd’hui. Et aussi construire un front avec les élus locaux inquiets d’un recul éventuel de la présence postale et des missions de service public. Bref, surfer sur le raz le bol des opérations de déménagement du territoire sous le coup des multiples réformes : «Après la carte judiciaire, la carte militaire, la carte hospitalière, voici la carte postale !» lance avec son sens de la formule, Jean-François D., le syndicaliste en pointe sur le dossier à la CGT. «On va essayer de trouver une réponse intelligente et appropriée en fonction du contexte», module Jacques L., secrétaire général de FO, déterminé à l’approche du combat.

 

«Asphyxier». Du côté des parlementaires, François Brottes, député PS et spécialiste des affaires postales, dénonce la tactique d’un Nicolas Sarkozy qui «allume tous les feux en même temps». Une technique du cumul des réformes, «tout à fait organisée». Sa «façon de nous asphyxier avec de fausses certitudes. De nous inscrire dans une logique de privatisation de La Poste». En plus, «il n’y a pas eu d’annonces officielles, donc on n’a pas pu surréagir». Jusque dans les rangs de la majorité, on trouve un peu cavalier la manip postale : «Encore une fois, on est en train de mettre la charrue avant les bœufs», pointe Pierre Hérisson, sénateur UMP et président de l’Observatoire national de la présence postal. »

 

 

 

 



Vu dans la presse (source : Le Monde Diplomatique) :


« La Poste, société anonyme ?

 

 

 

 

La direction de La Poste envisage de convertir l’établissement public en société anonyme, selon des informations publiées par Le Monde (5 juillet). « Instruit des précédents France Télécom, EDF et GDF, on peut déjà écrire la suite, s’est réjoui l’éditorialiste des Echos (7 juillet) : transformation en société anonyme, nouveaux actionnaires, introduction en Bourse, privatisation… Un à un, les piliers du service public à la française tombent au champ d’honneur de la modernisation de l’Etat. » Et d’ajouter : « Contrairement à ce que l’on tente parfois de nous faire croire, ce n’est pas une contrainte, mais un choix. » 

 

[Effectivement, en 2006, Jean-Paul Bailly, lui même, répondait au journal Le Monde :

 

"La Poste est-elle en mesure d'affronter le choc de 2009 ?

 

J'en suis convaincu. Nous sommes engagés dans un plan de modernisation ambitieux et aurons, en 2010, un outil industriel parmi les plus compétitifs en Europe.

 

 

A travers la garantie d'Etat, le statut de La Poste est-il menacé ?

 

Non. La Commission fait son devoir en s'assurant que les entreprises publiques agissent dans des conditions d'équité concurrentielle incontestables. Elle n'a pas, en vertu du Traité de Rome, le pouvoir de remettre en cause leur statut ni le caractère public de leur actionnariat."]

 


Comme cela s’est produit avec d’autres services publics, la mise en orbite capitalistique de La Poste aura été précédée d’une profonde transformation de l’entreprise : introduction de techniques de management agressives, précarisation du personnel, dégradation du service et fermeture des bureaux, diversification dans des activités concurrentielles (banque), rétablissement de la profitabilité. Il s’agissait tout à la fois d’offrir à d’éventuels investisseurs un bilan avenant (La Poste a dégagé un résultat net de 943 millions d’euros en 2007) et de pallier l’effet des directives européennes imposant la libéralisation des secteurs les plus rentables de l’activité courrier.

   

Si l’Etat ne s’est pas encore prononcé sur l’avenir de l’entreprise publique, le président de la République se trouve aux premières loges : au nombre des cabinets de conseil mobilisés par la direction de La Poste pour étudier le dossier, on compte Altedia, fondé en 1992 par M. Raymond Soubie. Lequel conseille aujourd’hui M. Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales.

 

Au moment où le Royaume-Uni n’en finit pas de panser les plaies des privatisations et où la Nouvelle-Zélande renationalise ses chemins de fer, l’idée d’offrir aux marchés un nouveau fleuron des services publics français témoignerait-elle à sa manière d’un nouveau « retard français » ?

 

 



Le président de la Poste, Jean-Paul Bailly, sentant le probablement le vent de la révolte, et les inquiétudes légitimes au sein de l’opinion, fait sa pub en mettant à la disposition des postiers un numéro vert où il tente de justifier son point de vue. Par souci de transparence, nous vous reproduisons ci-dessous cette communication :

 

 



Sur les résultats de la Poste en 2007, le statut d’entreprise publique n’avait pas empêché le groupe d’afficher des bénéfices record, avec une marge nette supérieure à la grande rivale présentée : la Deutsche Post, et le ratio dette nette/excédent brut d’exploitation est inférieur à celui de TNT et de Deutsche Post : l’argument de « l’obligation » de changer de statut est totalement fallacieux.

 


Concernant, les promesses de garder un statut public et une participation majoritaire de l’Etat dans l’entreprise, les agents n’ont pas la mémoire courte, ils se souviennent parfaitement du cas de France Telecom (70 miliards d'euros de dette en 2001, après ouverture du capital...) ou Gaz de France, où les mêmes promesses, la main sur le cœur, ont été très rapidement bafouées. A la Poste, après plusieurs coups tordus, langue de bois et mensonges (encore récemment avec les engagements non tenus dans le cadre de Facteurs d'Avenir), les agents n'ont plus aucune confiance en la parole de la direction et notamment de son président.

 

Ecoutez à ce sujet la réaction de Jean-François D. (pour la CGT) :
 

 



Il nous appartient à tous, usagers et postiers, dans un intérêt commun de nous opposer à ce projet scélérat. Les organisations syndicales, et particulièrement la CGT y travailleront de toutes leurs forces, comme le rappelle Jean-François D. :


 

 

 

A noter que même dans le monde boursier, on émet de sérieux doutes sur les effets de ce changement de statut, puisque l'agence Standard & Poor's estime qu'un changement de statut de La Poste, qui apparaît "inéluctable", pourrait la fragiliser en limitant "la capacité de l'Etat à apporter un soutien exceptionnel". Elle a donc dégradé sa note de "stable" à "négative", de même que celle de la Banque Postale.

 

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Publié dans Service public

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