Presse : accord entre l'Etat, la Poste et les éditeurs sur le portage

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS


Source : AFP




« Distribution presse: signature d'un accord Etat-presse-Poste sur le portage

 

 

L'Etat, la Poste et des représentants de la presse ont signé mercredi matin à Paris un accord sur le transport de la presse par la Poste qui sera en vigueur de 2009 à 2015.

 

"Ces accords sont très importants et ambitieux puisqu'ils couvrent une période très longue", a déclaré la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel, avant la signature de cet accord au ministère.

 

"Chacun a fait des efforts: les éditeurs ont accepté une augmentation progressive des tarifs, la Poste s'est engagée à des efforts de productivité et l'Etat confirme ses engagements", a-t-elle ajouté.

 

Outre Mme Albanel, l'accord a été signé par Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation ainsi que par le président de la Poste Jean-Paul Bailly, et des éditeurs de presse.

 

L'Etat continuera de soutenir la Poste, dans sa mission de transport de la presse, à hauteur de 242 millions jusqu'en 2011, puis 232 millions en 2012 pour parvenir à 180 millions en 2015.

 

Le précédent accord entre l'Etat, la presse et la Poste qui avait été signé en 2004 arrive à échéance le 31 décembre 2008.

 

Le gouvernement avait confié en janvier à Marc Schwartz, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, une mission sur la distribution de la presse par abonnement.

     

Selon Marc Schwartz, "le principal, c'est que l'Etat confirme la mission de service public de transport postal de la presse, (...) ce qui n'allait pas de soi avec l'ouverture à la concurrence postale dès 2011".

 

L'Etat continuera à soutenir l'activité du transport de presse pour la Poste à hauteur de 242 millions jusqu'en 2011, pour parvenir à 180 millions en 2015. Cette activité est déficitaire pour la Poste à hauteur de 400 millions d'euros, rappelle Marc Schwartz.

 

"L'objectif est de faire disparaître ce déficit", explique-t-il.

 

Pour les éditeurs, l'augmentation des tarifs sera progressive sur sept ans. Pour la presse d'information politique et générale, l'augmentation sera par exemple de 2% en 2009 et de 4% en 2015. Au total entre 2009 et 2015, elle sera légèrement inférieure à 25%. Pour le reste de la presse, elle sera proche de 34% entre 2009 et 2015.

 

Le Syndicat de la presse magazine et d'information (SPMI, patronal) affirme dans un communiqué que la signature a été "une décision difficile" en raison "d'augmentations tarifaires hors du commun".

 

Pour le SPMI, "cette progression, d'un impact considérable sur leurs comptes d'exploitation, s'inscrit dans un contexte économique particulièrement tendu, et alors que l'élasticité au prix du produit presse interdit toute répercussion sur les prix de vente".

 

Ce syndicat attend dorénavant "une amélioration des services de la Poste", selon sa présidente, Anne-Marie C. Il espère notamment que les journaux non-urgents seront distribués plus rapidement, à J+3 et non plus J+4.

 

Pour le Syndicat professionnel de la presse magazine et d'opinion (SPPMO), les hausses tarifaires "extrêmement lourdes (...) fragiliseront un peu plus de nombreux titres", affirme le syndicat dans un communiqué. »

 

"C'est le lecteur qui en pâtira, qu'il s'agisse du prix des publications ou de la réduction de leur pagination", ajoute le SPPMO.

 

De son côté, François M., président du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), souligne que l'accord a été "difficile à obtenir" et que "les éditeurs ont eu parfois beaucoup de mal avec leur propre famille".

 

"Au départ, il était question d'une augmentation tarifaire pour les quotidiens nationaux de l'ordre de 40% (soit presque deux fois plus que ce que l'accord prévoit finalement, ndlr)", a-t-il indiqué à l'AFP, estimant que l'accord était finalement "équilibré".

 

Il se félicite que l'accord "sécurise l'intervention de l'Etat" dans le secteur.

 

Par ailleurs, tous les acteurs attendent beaucoup du portage à domicile, qui sera lui abordé lors des états généraux de la presse à l'automne. »

 

 

 




Une fois de plus, le désengagement de l’Etat sur la distribution de la presse quotidienne est confirmé. Celle ci coûte à La Poste près de 500 Millions d'€uros par an et l'Etat ne cesse de se désengager au fil du temps, ce qui s'est traduit par une hausse pour les Editeurs et donc pour les usagers. Le pluralisme de la presse et la démocratie sont en grand danger.


 

Voir à ce sujet le communiqué commun du Syndicat National des Journalistes CGT et de la CGT Fapt



 

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Publié dans Service public

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