Privatisation : la Poste accélère ses manigances...

Publié le par CGT Poste Villeurbanne CDIS



Vu dans la presse (source : Le Monde, qui est bien plus informé que l'ensemble des postiers, merci à Jean-Paul Bailly pour la transparence...). Extraits, avec en vert, nos commentaires :



« PRIVATISATION Le schéma retenu pourrait être celui d'une entrée en Bourse de la future Société Anonyme

 

L'ouverture du capital de la Poste se précise

 

 

Le projet de transformation de La Poste en société anonyme (SA), qui doit être présenté au gouvernement en septembre, prend forme. Il bénéficie d'une écoute très favorable au sommet de l'Etat […]

 

Resté secret pendant plusieurs mois, ce projet défendu par le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, qui en fait désormais la priorité de son mandat, a été baptisé du nom de code "Convention"[la Poste emploie des tactiques de guérilla contre ses salariés...]. Il doit permettre à La Poste d'ouvrir son capital à des investisseurs, publics ou privés, qui lui apporteront l'argent nécessaire pour financer sa croissance, dans un marché totalement ouvert à la concurrence à partir de 2011.

 

Si l'objectif est connu (lever 2 à 3 milliards d'euros, sous la forme d'une augmentation de capital), il reste à arrêter les modalités de l'opération. La banque d'affaires Rothschild, conseil du projet, estime que La Poste vaut autour de 10 milliards d'euros.

 

Selon nos informations, une piste privilégiée consisterait, une fois La Poste transformée en SA (à la faveur d'une loi qui pourrait être votée en 2009 voire en 2010), à ouvrir son capital à hauteur de 20 % environ sous la forme d'une augmentation de capital, et à la mettre en Bourse. Exactement comme cela a été fait pour EDF et GDF.

 

Comparée à l'opération de gré à gré, une mise en Bourse présenterait la vertu de la transparence. Elle permettrait aussi, selon un connaisseur du projet, de "créer une référence de marché", c'est-à-dire de mieux connaître la valeur de La Poste. Cela faciliterait ensuite la conclusion d'alliances stratégiques. Le gouvernement aimerait emprunter la voie suivie pour constituer le géant de l'énergie GDF-Suez [Pour info GDF est désormais bel et bien privatisé], qu'il considère comme une réussite industrielle. Dans ce schéma, qui reste une hypothèse de travail, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) aurait sa place. Elle pourrait se voir proposer d'"accompagner" l'ouverture du capital, en en prenant une fraction, une perspective à laquelle le directeur général de l'institution publique, Augustin de R., se dit, en privé, plutôt favorable. […]

 

 

Les travaux avançant vite, La Poste prépare les postiers au changement de statut. Une partie de l'encadrement "supérieur", 15 000 personnes au total sur près de 300 000, est convoquée, du 18 au 21 août, à des réunions de travail avec le cabinet de conseil en ressources humaines Altedia. Ces réunions doivent permettre aux dirigeants de l'entreprise publique de sonder le climat social. [Attention au retour de bâton, messieurs…]

 

La Poste sait qu'elle ne pourra rien entreprendre sans l'adhésion des postiers. Eprouvés par dix années de restructuration, ceux-ci redoutent d'être soumis à des contraintes de rentabilité insupportables. Ils sont soutenus par les syndicats, qui promettent une mobilisation forte, à la rentrée, "contre la privatisation de La Poste et la mort du service public postal". SUD-PTT a appelé à une journée d'action intersyndicale "allant bien au-delà des frontières de l'entreprise", le 4 septembre.

 

Pour leur part, si beaucoup adhèrent à l'idée d'ouvrir le capital, les 400 cadres dirigeants restent marris de ne pas avoir été mis au courant d'un projet déjà très avancé, alors qu'ils avaient été réunis, le 1er juillet, pour un séminaire stratégique.

 

"Bourse ou pas Bourse, le jour où le marché postal sera ouvert à la concurrence, des pressions fortes s'exerceront sur le corps social", estime un artisan du projet. Dans un document interne diffusé aux cadres, baptisé "Eléments de langage sur l'évolution de la forme juridique de l'entreprise" [NB= de la propagande en perspective, comme si Jourposte, Forum et Facteurs ne suffisait pas…], la direction de La Poste se justifie : "Si nous voulons continuer à financer le développement des métiers (...), saisir les opportunités de croissance externe pour être une des postes qui structurent le marché européen, il nous faut des moyens supplémentaires", affirme cette note de quatre pages.
 

 

Jean Paul Bailly affirmait pourtant le 28 mars 2008 au journal les Echos (La Poste au même niveau de performance que Deutsche Post), en parlant des résultats du groupe en 2007 : "les progrès sont à fois solides et durables, car ils sont basés sur une amélioration régulière de la performance"]

 


[…]

 

Ainsi engagée, la privatisation partielle de La Poste, qui participe à l'aménagement du territoire, constituera l'un des sujets chauds de la rentrée. Le Parti socialiste a annoncé qu'il créerait "un comité de riposte, avec les élus locaux, pour sauvegarder le service public". A l'UMP aussi, les élus, mieux disposés à l'égard du projet, seront vigilants. »

 

 




STOP CA SUFFIT !!!

METTONS UN TERME A CETTE MASCARADE, LA POSTE AVANCE VITE ET CACHEE. IL CONVIENT DES MAINTENANT DE S'ORGANISER AFIN D'EMPECHER CES SINISTRES STRATAGEMES ET DE FAIRE ENTENDRE CLAIREMENT LA VOIX DES CITOYENS ET DES POSTIERS QUI NE TRANSIGERONT JAMAIS SUR LE FAIT QUE LA POSTE RESTE UNE ENTREPRISE 100% PUBLIQUE. LA DIRECTION DE LA POSTE ET LE GOUVERNEMENT PEUVENT FAIRE LA SOURDE OREILLE, NOUS SAURONS, DANS L'UNITE, NOUS FAIRE ENTENDRE ET DEJOUER TOUTE TENTATIVE DE PRIVATISATION.





Publicité

Publié dans Service public

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
(mes excuses pour le doublon, je tenais moins à répondre à Jean-Albert...qu'à communiquer le courriel).<br /> <br /> La nature de la politique de Sarkozy avait été dévoilée par un idéologue du MEDEF : défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. Pas l'actualiser aux enjeux de l'époque ni le mettre en oeuvre : le défaire.<br /> Revoir à ce propos : http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html<br /> <br /> Or c'est, fort opportunément, le 14 juillet que j'ai reçu ce message :<br /> <br /> "Nous sommes toutes et tous le Conseil National de la Résistance.<br /> <br /> On ne peut pas attendre que l'inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. (Jack London)<br /> <br /> Que faire, aujourd'hui, pour donner un coup d'arrêt à la liquidation, par Sarkozy et le Medef, de notre République et de son modèle social hérité du CNR?<br /> <br /> Ce coup d'arrêt ne peut être donné que par une très large mobilisation populaire dans tout le pays et au même moment...<br /> La capacité de révolte de notre peuple est intacte, comme le montrent, partout en France les foyers de résistance qui se développent sous des formes différentes (collectifs, associations, fondations...).<br /> Les conflits sociaux se multiplient. Mais ne convergent pas...<br /> L'alternative politique au capitalisme sauvage se dessine peu à peu. Mais pas assez vite...<br /> <br /> Le mouvement social manque de cohésion et de puissance, faute d'une perspective politique réelle.<br /> Il est morcelé et les états-majors syndicaux, ont choisi d'engager, entre eux, une course à la représentativité qui les éloigne de leur base et les fragilise.<br /> <br /> La perspective politique, elle, tarde à prendre forme car la réflexion est menée sans l?adhésion des masses populaires.<br /> Les divisions intestines, le culte de l'individualité et des appareils ont détourné trop de citoyens du terrain politique.<br /> Convergence des luttes ET irruption citoyenne du peuple dans le champ politique doivent être obtenues. Maintenant?<br /> Or situation dans laquelle se trouve notre pays nous offre cette possibilité dans les semaines à venir!<br /> L'initiative d'une Grève Générale Reconductible, le 10 novembre 2008 doit être relayée dans tout le pays pendant les congés d'été.<br /> La rentrée de septembre sera l'occasion de la décider partout et deux mois de travail permettront encore d'en assurer le succès.<br /> <br /> Sa réussite repose, sur l'engagement, immédiat des forces de chacune et chacun d'entre nous.<br /> <br /> Elle donnera une cohésion au mouvement social en donnant l'impulsion indispensable à la mise en place d'un cadre commun de discussions pour coordonner les luttes, organiser la résistance et reprendre les conquêtes.<br /> L'intervention populaire pourra aussi imposer un cadre de réflexion unitaire et attractif qui pourra facilement être élargi aux citoyens, pour la création d'une vraie alternative aux politiques actuelles.<br /> Elle pèsera sur les rassemblements des organisations politiques de fin d'année et aura comme prolongement la nouvelle séquence électorale qui s'ouvre avec les élections de 2009, 2010 et 2012.<br /> <br /> Ce camouflet sera enfin un signal très fort en direction des autres pays de l'Union Européenne que Sarkozy préside jusqu'en décembre...<br /> <br /> <br /> Diffusez cet appel par tous les moyens possibles et imaginables :<br /> <br /> Soyons le Conseil National de la Résistance<br /> Résister, c'est créer. Créer, c'est Résister.<br /> <br /> www.conseilnationaldelaresistance.fr "<br /> <br /> <br /> "Le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes". <br /> <br /> Tous ensemble et en même temps : la question du 10 novembre est donc posée.<br /> http://tous-ensemble.dyndns.org:80/
Répondre
C
<br /> Pas de soucis pour le doublon ;-)<br /> <br /> Merci pour votre message. Cordialement<br /> <br /> <br />
F
Je souhaite à Jean-Albert de vivre dans une ville où les eaux ne sont privatisés, de ne pas être contraint d'utiliser les services d'un fournisseur d'énergie privatisé, ni d'une école privée hors contrat, ni de prendre l'autoroute...auquel cas il pourra continuer de croire en ce qu'il dit...
Répondre
J
Dans tous les secteurs privatisés, l'arrivée de nouveaux entrants a permit une amélioration de la qualité du service rendu (enfin des guichets accueillants et des guichetières sympathiques ?), une baisse des prix et une augmentation globale de l'activité pour le secteur libéralisé.<br /> Dans vos combats rétrogrades, prenez garde à ne pas créer trop de chômage, camarades !
Répondre
C
<br /> <br /> Vous confondez libéralisation et privatisation... Partant de là, difficile de vous répondre.<br /> Sur les tarifs, la Poste se situe dans la moyenne européenne. Ce qui est peut être vrai pour certains secteurs ne l'est pas forcément pour tout. La Poste est un service à part, peu rentable par<br /> endroit (zones isolées), et rentable ailleurs (zones denses). De plus ses missions d'aménagement du territoire, de favorisation de l'accessibilité bancaire et d'égalité de traitement des citoyens<br /> dans la réception du courrier au même tarif où qu'ils soient, sont des missions incompatibles avec l'actionnariat privé. Vous n'êtes probablement pas concerné, habitant une grande ville, mais<br /> beaucoup d'usagers le sont.<br /> <br /> <br /> Concernant les prix, pour le gaz et l'eau, vous trouvez que les prix ont baissé depuis l'ouverture à la concurrence ?<br /> <br /> <br /> Dans un argumentaire de 2006, la Commission Européenne elle-même reconnaît que les prix aux particuliers ont augmenté depuis la première<br /> directive postale et qu’ils augmenteront. Pour retomber sur ses pattes, elle affirme que les particuliers s’y retrouveront tout de même car les tarifs courrier consentis aux entreprises devant<br /> baisser, les grands émetteurs répercuteront ses baisses à leurs clients. On a toujours le droit de rêver !Les tarifs ont progressé dans tous les<br /> Etats où la poste a été privatisée, à l’image de la Suède où une hausse record de 65 % du prix du timbre a été enregistrée.<br /> <br /> <br /> <br />