Privatisation de la Poste : revue de presse du jour

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Vu dans la presse (source : Libération) :



« Fidèles à la Poste

 

 

Un projet de privatisation partielle de l’entreprise devrait être présenté en septembre. Les syndicats sont sur la brèche.

 

Touche pas à mon bureau de poste ! Le service public le plus ancien du pays va-t-il provoquer une de ces mobilisations dont la France a le secret ? Pétitions, manifestations, appel au référendum… les syndicats, en tout cas, battent le rappel contre ce qu’ils appellent «la privatisation rampante de la Poste». Jean-Claude Bailly, le président de l’entreprise publique, devrait remettre au gouvernement, dès septembre, un projet de changement de statut, avec la clé une ouverture du capital à hauteur de 10 à 20 %.

 



Certes, en plein mois d’août, la manifestation de la CGT devant le siège de la Poste à Paris n’a rassemblé, hier, qu’une centaine de personnes. Mais les membres de l’organisation syndicale étaient venus les bras chargés de 8 125 pétitions recueillies en Ile-de-France contre «le projet de privatisation». Des opérations similaires ont été organisées un peu partout en France. A Limoges, comme à Clermont-Ferrand, Marseille, Dijon, Angers ou Rouen, des militants se sont rendus dans les directions de la Poste ou dans les préfectures pour remettre des pétitions signées par des agents, des usagers ou des élus locaux. A Lille, tous les syndicats ont arpenté ensemble le grand marché de Wazemmes et recueillir des signatures en «faveur d’un service postal moderne […] qui réponde aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire». Evidemment, le point numéro 1 du texte dit : «Je m’oppose à la privatisation de la Poste.» Depuis le lancement de sa campagne vers la mi-juillet, la CGT affirme avoir recueilli 73 000 signatures. «La pétition a pour vocation d’ouvrir le débat public sur un sujet d’intérêt général et peser dans le rapport de force», soulignent plusieurs membres du bureau fédéral de la CGT-Fapt. Une autre pétition, initiée par SUD-PTT, circule également et a recueilli 10 000 signatures.

 

Fronde. Pas de trêve estivale. Tous les syndicats de l’établissement sont sur le qui-vive, depuis le 5 juillet, date à laquelle le Monde avait révélé que Jean-Claude Bailly, avait mis à l’étude un projet de transformation de la Poste en société anonyme accompagné d’une ouverture du capital. Les syndicats ont répliqué en faisant bloc. Dans une «déclaration unitaire» publiée le 9 juillet, la CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC, affirmaient refuser «un processus qui conduirait inexorablement à la privatisation du service public postal». La veille, pour prévenir la fronde, Jean-Claude Bailly avait reçu les syndicats. Un délégué raconte : «Il nous a dit : "Il n’y a pas de projet. Ce qui a été publié dans la presse n’est qu’une hypothèse de travail parmi d’autres."» Sans convaincre. Les organisations syndicales doivent se retrouver le 2 septembre pour fixer la date d’une journée d’action dont le principe semble déjà acquis.

 

«La direction de la Poste et le gouvernement ont laissé volontairement fuiter ce projet dans la presse pour tester les réactions à l’intérieur de l’établissement mais aussi celles de l’opinion publique et des élus locaux, très attachés à présence de la Poste», affirme Jean-François D., Secrétaire fédéral de la CGT-Fatp.

 

Hier, devant le siège de la Poste, des agents disaient redouter un processus de privatisation rampante à la manière de France Télécom, ancienne sœur jumelle de la Poste. Les deux établissements ont longtemps été réunis au sein d’une même entité : les PTT (postes, télégraphes et télécommunications). Mais, en juillet 1990, une loi fait table rase des PTT. On crée deux établissements publics distincts : la Poste et France Télécom. A l’époque, le gouvernement nie farouchement toute volonté de privatisation de l’activité télécommunications. Pourtant, en 1996, France Télécom devient une société anonyme avec ouverture du capital au privé. Un peu gêné aux entournures, le gouvernement s’engage à ce que l’Etat reste l’actionnaire majoritaire. Promesse non tenue : aujourd’hui, le privé détient plus des deux tiers du capital, la part de l’Etat étant réduite à 27 %.

 

Référendum. Jacques L., secrétaire général de la Fédération FO-Com, note que, au-delà de France Télécom, en Europe, «toutes les ouvertures de capital dans des entités publiques se sont soldées au bout de dix ans par une participation très minoritaire de l’Etat». FO demande donc carrément l’organisation d’un référendum sur le devenir de la Poste. Une possibilité que permet la récente réforme de la Constitution. «Nous considérons que, au-delà des intérêts des agents, la réforme de la Poste, service public fondamental, concerne tout le pays et donc tous les citoyens.» Moins remuante, la CFDT, dit qu’elle sera extrêmement vigilante sur la question de la sauvegarde des missions de service public : service postal universel, accessibilité bancaire, acheminement de la presse et participation à l’aménagement du territoire par un maillage du territorial serré. L’organisation affirme attendre des réponses claires sur ces questions fondamentales. La Poste, dossier brûlant de la rentrée… »

 

 



Vu dans la presse (source : L'Humanité) :


« La riposte à la privatisation se prépare à La Poste

 

 

Service public. Après l’annonce du changement de statut de l’établissement, cinq syndicats prévoient une journée d’action à la rentrée.

 

Ce sera l’un des dossiers chauds de la rentrée sociale : le lancement de la privatisation de La Poste. Son président, Jean-Paul Bailly, a en effet annoncé début juillet qu’il présenterait dès la rentrée un projet de changement de statut de l’entreprise. Tout en faisant mine d’en être à l’étape de la simple « réflexion », le président a livré les grandes lignes d’un projet déjà bien ficelé. Dès 2009, le gouvernement veut transformer La Poste, actuellement établissement public, en société anonyme, dont le capital sera ouvert à hauteur de 10 % à 20 %. En 2009 doit aussi commencer la transposition en droit français de la directive européenne de février dernier, qui impose la libéralisation totale du courrier au 1er janvier 2011. Le gouvernement compte profiter de cette concomitance pour présenter la privatisation de La Poste comme l’oeuvre de « Bruxelles ». En réalité, la directive n’impose pas de changement de statut des opérateurs postaux en Europe.

 

En attendant, le président de La Poste a déployé sa « com » pour tenter de rassurer les salariés et les usagers. Dans un message téléphonique, il a expliqué au personnel (280 000 fonctionnaires et contractuels) que cette « évolution » est « indispensable », et qu’il est « erroné » de « parler de privatisation » car, selon lui, la mission de service public de La Poste empêche l’État de descendre en dessous de 50 % du capital. Il a même garanti que l’État en conserverait 80 %. Un argumentaire poussif : « À France Télécom comme à Gaz de France, toutes les garanties ont volé en éclats », a réagi la CGT de La Poste. Hervé Novelli, secrétaire d’État au commerce, a d’ailleurs justifié cette méfiance en affirmant sans détour que l’objectif est de « faire de La Poste une entreprise comme les autres, comme on l’a fait dans les années quatre-vingt-dix pour Renault, France Télécom, EDF ».

 

Côté syndical, la riposte se prépare face à une privatisation aux effets prévisibles : suppressions massives d’emplois, baisse de la qualité du service et du nombre d’implantations de La Poste, augmentation des tarifs. « S’il y a ouverture du capital, on passe dans une logique de rentabilité et c’est la fin du service public », résume SUD-PTT. Cinq syndicats de La Poste (CGT, SUD, CFDT, FO et CFTC) se rencontrent le 2 septembre pour décider d’une journée nationale d’action. Cet été, la CGT a déjà recueilli 40 000 signatures [chiffres passées depuis à 73000] sur une pétition contre la privatisation, qu’elle doit remettre aujourd’hui aux directions régionales de La Poste. L’appel « Touche pas à La Poste » lancé par SUD-PTT a été signé par 10 000 personnes, tandis que FO communication a appelé à la création d’un comité national pour l’organisation d’un référendum sur la Poste, « noyau dur du service public ». »

 

 

 

 

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Publié dans Service public

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