Dérive mercantile accélérée en cas de privatisation de la Poste
Entendu à la radio (source : France Info) :
Une enquête intéressante qui montre bien la dérive mercantile de la Poste notamment dans la perspective du projet de privatisation. Ceci fait froid dans le dos pour tous les défenseurs du service public.
« La Poste : privatisation en marche ?
Le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, annonçait hier que l’établissement public français pourrait devenir une société anonyme dès janvier 2010 et que l’ouverture de son capital interviendrait en janvier 2011. Les syndicats de La Poste y voient déjà une "privatisation", synonyme à leurs yeux d’une dégradation du service aux usagers et de l’emploi des postiers. Dans la pratique, les usagers sont déjà confrontés à des techniques de vente dignes du privé.
C’est l’enquête de Florent G.
"Le changement de statut puis la mise en bourse sont toujours une étape vers la privatisation", selon Joëlle R. (CGT). Son syndicat, le premier de La Poste, affirme avoir rassemblé 73.000 signatures sur une pétition contre le projet. Leur première crainte concerne les menaces qui pèsent selon eux sur l’emploi des 280.000 postiers, dont 60% de fonctionnaires, les autres relevant du droit privé. Autre sujet d’inquiétude : l’avenir du service public. "Prétendre que des actionnaires accepteraient de rogner sur leurs dividendes pour financer le service public est une hypocrisie ou une naïveté", affirme FO.
L’enquête de Florent G. (3'59")
La direction réaffirme sa volonté de maintenir 17.000 points de contact sur tout le territoire. Mais pas forcément des bureaux de plein exercice qui offrent un plus grand nombre de services que les relais ou agences par lesquels ils sont souvent remplacés, rétorquent les syndicats. Selon Mme R., "on compte 5.100 agences et relais pour 11.860 bureaux de poste alors qu’on avait 17.000 bureaux en 2002". Une tendance qui "va s’accélérer avec la privatisation", estime Régis B. (Sud-PTT).
Serge M. de l’Association française des usagers des banques (AFUB) (0'28")
"Le client achète un carnet de timbres, on va lui vendre une recharge téléphonique"
Le projet "signe la réduction du service public pour les usagers déjà en cours : on a vu ces dernières années des services gratuits devenus payants", selon M. B. Le suivi du courrier en cas de changement d’adresse "coûtait 16 euros pour un an et aujourd’hui, les postiers sont poussés à vendre un pack accompagné de cinq enveloppes pré-affranchies pour 50 euros par an !", s’indigne le responsable syndical, pour lequel "ce type d’augmentations masquées risquent de se multiplier".
Ce conseiller financier décrit les techniques mises en oeuvre par ses supérieurs pour accroître sa productivité (1'12")
Pour ce conseiller financier, le client de la Poste est floué (1'49")
Au guichet aussi il faut faire en sorte de pousser le client à acheter plus et plus cher (0'51")
A noter également qu'en Suède, marché totalement libéralisé depuis 1993, les tarifs postaux ont augmenté de 40 % pour les particuliers alors que ceux imposés aux entreprises diminuaient de 30 %. Preuve si besoin était qu'un marché libéralisé et privatisé débouche sur du clientélisme, favorisant les acteurs et les secteurs rentables au détriment des usagers, creusant ainsi de profondes inégalités de service envers les différentes couches de la population. A méditer...