La mairie de Villeurbanne contre la privatisation de la Poste
Après l'appel de Monsieur le maire à signer la pétition contre la privatisation de la Poste sur le marché des Gratte-ciel, l'édito de Viva du mois d'octobre est une nouvelle prise de position significative contre la privatisation.
Source : Viva N°219 Octobre 2008 (Le magazine de Villeurbanne)
« En privatisant là Poste, on sacrifie le plus ancien de nos services publics »
Privatisation de la Poste: inacceptable !
« Nous l'avons vu avec le téléphone, l'électricité et le gaz. la privatisation de nos grandes institutions a provoqué une augmentation des coûts des prestations. »
Elle est le premier capital des Français, présente sur tous les territoires. Sa fonction sociale est reconnue : le facteur, par sa venue quotidienne, incarnant le lien avec la société. Pendant longtemps, l'enjeu du service rendu n'aura pas été celui de la rentabilité mais de l'application du principe d'égalité entre les citoyens.
Au fil de ces dernières années pourtant, dans un contexte de libéralisation des services, les ambitions d'hier se sont réduites. La Poste a fermé les agences qu'elle jugeait moins concurrentielles. Elle a diminué son personnel, ce qui se traduit concrètement par une augmentation de l'attente aux guichets. A la fin de l'été, sans consultation, ses responsables ont annoncé l'ouverture de son capital à échéance 2009. D'où l'appel de l'équipe municipale à signer la pétition, s'opposant fermement à cette décision.
Il faut dire qu'à Villeurbanne, nous avons eu l'occasion de nous rendre compte très concrètement des effets de cette libéralisation progressive. 25000 habitants aux Maisons- Neuves: ce serait trop peu pour ouvrir une agence postale! Le bureau du Tonkin réduit ses horaires. Quant à Saint-Jean, il a fallu une forte mobilisation des habitants pour maintenir un service de qualité dans le quartier, Quelles garanties les usagers auront-ils demain d'un service qualitatif à prix modéré ? Aucun.
La Poste est aussi la banque des plus défavorisés. Où iront-ils si elle devient une structure bancaire comme les autres, uniquement tournée vers le profit? Assurément, nulle part. Nous l'avons vu avec le téléphone, l'électricité et le gaz. La privatisation de nos grandes institutions a provoqué une augmentation des coûts des prestations, un service par plates-formes d'appel, une absence de proximité ... mais de rutilantes campagnes de communication!
Quant au président de la République, il est, une fois encore, pris en flagrant délit de double langage. D'un côté annonçant "des garanties pour l'épargne" des Français mais, d'un autre, sacrifiant le plus ancien de nos services publics. Exerçant leur droit d'opposition, les élus de la majorité municipale demandent de toute urgence un débat public. »
