Privatisation de la Poste : Guaino a fait du bruit pour rien...
Source : Le Monde, France Info, I Télé
« La réforme de La Poste piégée par la crise financière
En créant fin septembre une commission chargée de lui faire des propositions sur l'avenir de La Poste, le gouvernement avait choisi de se donner du temps.
Henri Guaino, le conseiller spécial du président de la République, a tiré un peu vite tiré les conclusions de cette pause, dimanche 2 novembre sur Europe 1 : "D'abord, il n'a jamais été question de privatiser La Poste. Et il n'est pas question, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir pour l'instant le capital de La Poste."
Ni privatisation ni ouverture du capital : Henri Guaino a sans doute révélé l'état d'esprit du président de la République. Cela fait plusieurs semaines qu'au sein du gouvernement on a renoncé, dans cette période de tempête financière, à l'idée de privatisation, même partielle (Le Monde des 2 et 15 octobre).
Mais le chef de l'Etat ne veut pas refermer pour autant le dossier d'évolution du statut de La Poste. D'abord parce que le droit européen va bientôt placer les activités de courrier de La Poste en concurrence. Ensuite parce que le président de l'entreprise, Jean-Paul Bailly, chiffre à 3 milliards d'euros les besoins d'investissement de La Poste dans la perspective de libéralisation du courrier.
Nicolas Sarkozy sait qu'on ne peut plus arguer d'une disette de l'Etat pour justifier la privatisation partielle de La Poste. La crise financière et les dizaines de milliards d'euros débloqués pour venir au soutien des banques ont balayé cet argument. Le Parti socialiste, par la voix de François Hollande, a d'ailleurs demandé dans l'émission "Dimanche soir politique" (France Inter-iTélé, Le Monde) que la recapitalisation de La Poste se fasse avec des "capitaux publics."
Le gouvernement va devoir gérer ce dossier piégé par la crise. Le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, a confirmé à l'AFP que l'ouverture du capital de l'entreprise publique n'était "pas d'actualité", mais "il n'en demeure pas moins que La Poste a besoin d'argent pour financer son développement et se préparer (...) à l'ouverture des marchés en 2011".
Henri Guaino a, lui, été invité à rouvrir sur France Info le débat qu'il avait clos quelques heures plus tôt : "le calendrier" de la réforme de La Poste reste "valable sauf qu'aucune décision n'a été prise sur la manière de financer La Poste" :
Ecouter l'analyse du journaliste de France Info :
Ecouter la réaction sur cette affaire de Jean François D. pour la CGT :
Et pour finir un petit reportage vidéo montrant la petite supercherie ayant comme seul but de tenter d'embrouiller la mobilisation des postiers, élus et usagers :