Privatisation de la Poste : réactions politiques récentes.

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Après la mairie de Villeurbanne elle même, le groupe municipal des Radicaux de gauche (membre du Comité National contre  la privatisation de la Poste) se prononce contre la privatisation de la Poste.


Source : Viva (magazine municipal de Villeurbanne)




 

 

 « La gauche contre la privatisation de La Poste !

 

Une tornade financière fait trembler l'ensemble du système bancaire international et, au-delà, l'économie mondiale. Malgré cette crise économique, le gouvernement actuel persiste aujourd'hui à vouloir privatiser La Poste.

 

L’Etat est prêt à céder au privé une partie au moins d'un service public auquel les Français ont toujours été attachés. Et, avec lui, la banque des classes moyennes et des tout petits épargnants. Pendant que l'Etat américain tente de nationaliser une partie de la finance pour réfréner la crise, le gouvernement français, lui, s'apprête à céder au privé une partie de son service public. Une partie ? Ne payons nous pas aujourd'hui cette affreuse idée qui était de privatiser France Telecom dont l'Etat ne possède aujourd'hui plus que 27 % du capital ?

 

On nous promet que l'Etat restera majoritaire et on nous assure que La Poste conservera toutes ses missions de service public; à ce jour on ne sait toujours pas lesquelles et pour combien de temps. On nous certifie que les tarifs n'augmenteront pas contrairement aux prix des péages depuis la privatisation des autoroutes. On nous certifie que l'usager y trouvera son compte contrairement au fiasco des renseignements téléphoniques privatisés. Qu'avons-nous à craindre dans la mise en place de cette nouvelle mesure? Juste le sacrifice de quelques centaines d'emplois; la fermeture définitive de bureaux de poste.

 

Comme dans le cas du fichier Edvige, Nicolas Sarkozy, a senti la montée des oppositions et a voulu calmer les tensions. C'est pourquoi il a annoncé la mise en place d'une commission composée d'élus et de représentants syndicaux afin d'apaiser momentanément les ripostes. Cette commission devra rendre un rapport pour le 30 novembre. Mais chacun sait qu'il ne s'agit là que d'une question de temps: La Poste deviendra une société anonyme dont le capital sera introduit en bourse.

 

Le Parti Radical de Gauche et toute la gauche dans son ensemble s'opposent farouchement à cette privatisation. Nous sommes à la pointe du combat pour cette non privatisation. De nombreux élus locaux se mobilisent et soutiennent le service public postal par des courriers, pétitions et toutes autres démarches qui permettraient de poster aux oubliettes cette idée timbrée!

 

Samia B.

Groupe des Radicaux de Gauche »


 

   





Source : Unir (mouvement apparenté à la LCR, membre également du Comité national contre la privatisation de la Poste)  :



 

« La Poste, les privatiseurs sont déjà minoritaires !

 

 

« Vous êtes des archaïques, des idéologues » ironisaient les champions du libre marché face à tous ceux qui défendaient, becs et ongles, les services publics et les entreprises publiques chargées de les développer. Le couac d’Henri Guaino, ministre des discours et donc de l’idéologie sarkozienne, affirmant le 2 novembre « qu’il n’est pas question d’ouvrir le capital de La Poste », démontre que les privatiseurs sentent que l’opinion publique n’est pas prête de leur accorder  crédit dans un avenir proche. L’urgence est donc d’attendre que le gros de la tourmente soit passé. En ce qui concerne La Poste, les rectifications élyséennes (c’est un autre conseiller du prince, Claude Guéant, qui s’en est chargé) indiquent l’horizon de janvier 2009 pour trancher, mais sans évidemment rien exclure (sinon le désaveu du PDG de La Poste aurait été total).

 

Plus profondément, il se peut que ces volte-face indiquent aussi une difficulté plus grande à élaborer une idéologie de rechange, même si Sarkozy se démène comme un diable pour prendre les devants sur la scène internationale. Dans cet intervalle de crise du leadership dans les idées, il est évident que, malgré les peurs légitimes liées aux effets de la crise sur le plan social (licenciements, chômage, salaires bloqués), les antilibéraux et les anticapitalistes pourraient reprendre l’initiative pour disputer l’hégémonie à ceux qui sont en faillite avérée.

 

Parmi les commentaires qui ont accompagné les volte-face de Guaino, certains aveux sont éloquents. Le directeur général du courrier de la Poste explique : « Il y a un vrai paradoxe avec La Poste. Elle appartient au quotidien des Français, mais ils ne la perçoivent qu’à travers le facteur et les bureaux. La Poste a une image très artisanale, alors qu’en réalité elle est très industrielle, avec une clientèle d’entreprises » (Le Figaro, 4 novembre). Traduisons : ces « attardés » de Français ne voient que le facteur humain, le contact social, bref…le service public qui leur est rendu. Ils ne voient pas que La Poste est en réalité un groupe genre PSA, donc qui doit agir sur le marché mondial, faire de la productivité, et avoir une structure capitalistique au moins diversifiée. Car un capital 100% public prend moins de risque, vu qu’il rend des comptes non pas à des actionnaires, mais théoriquement à la population. En réalité, les hiérarques de la Poste voudraient bien la faire fonctionner comme une usine privée, et les directives européennes depuis 1997 sont là pour les y aider. Il aura fallu 12 ans (1997-2009) pour libéraliser totalement le marché postal, bientôt accessible à tout entrepreneur, avec parallèlement, l’entrée progressive des services financiers dans le droit commun des banques. Mais il y encore de gros handicaps : le facteur humain (trier encore le courrier malgré l’automatisation croissante, la complexité du réseau et du territoire, la non segmentation du marché en zones de profits, etc). Même la Commission européenne l’admet et un dossier de SUD PTT la cite : « Les études de la commission reconnaissent ces particularités en citant la complexité de l’ouverture d’un marché à nul autre pareil (étude PWC 2006) ». Un marché qui se prête encore mal à une flexibilité à outrance. Et les opérateurs postaux qui ont dérégulé violemment, comme en Suède, sont devenus impopulaires. Sans doute parce que les usagers ne voient plus le facteur ! Et que la qualité du service a baissé.

 

Cet attachement au service public postal explique sans doute le succès que l’idée de référendum a connu. Et qui a elle-même encouragé la mobilisation interne des salariés. A tel point que si un doute pouvait encore subsister en septembre, après l’ouragan  financier, il a disparu : un référendum serait remporté haut la main ! Autrement dit, le référendum a permis, même si la bataille est loin d’être achevée, de porter le débat sur le service public sur la scène politique, qui est ou devrait être son lieu de prédilection. La lutte sociale s’encourage grâce à la fenêtre ouverte sur une perspective politique, c’est-à-dire le grand large des aspirations de la population dans son ensemble, avec la présence des partis politiques et d’associations. Or la population n’était pas acquise au libéralisme malgré le vote majoritaire pour Sarkozy en 2007. Elle l’est encore moins aujourd’hui, après les subprimes, les 750 millions envolés de la Caisse d’épargne, les 5 milliards de J. Kerviel et les formidables moyens déployés en quelques jours pour sauver les puissances financières de leur propre désastre.

 

La politique au poste de commande ? Oui, c’est possible, pour la population. »

 

 

 







Et pour finir une vidéo montrant l'intervention du député du Nord,  Christian Bataille (PS, membre du Comité national contre la privatisation de la Poste) à l'assemblée nationale, revenant entre autre sur la cacophonie de l'affaire Guaino :










Publicité

Publié dans Service public

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article