La Deutsche Post supprime des emplois mais s'en tire grâce à l'Etat

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Après la poste autrichienne , au tour du modèle préféré de Jean-Paul Bailly :









Rappel du 4/09/2008 :


Source :
www.rue89.com



 

« La poste allemande : la face cachée de la privatisation

 

 

Douze ans après le lancement de sa privatisation, les bénéfices de la Deutsche Post, leader mondial de la logistique, se comptent en milliards. Malgré l'ouverture à la concurrence, 90% de la distribution de courrier en Allemagne passe encore par ses services. Non sans des diminutions drastiques d'effectifs et l'abandon des activités peu rentables

 

En Allemagne, à l'heure de la tournée, les facteurs à vélo se déclinent en jaune, vert ou orange, selon qu'ils appartiennent à la Deutsche Post, l’historique, à PIN-Group ou à TNT-Post. Quant aux vieux bureaux de poste jaunes, ils sont appelés à disparaître définitivement d'ici 2011. Trop coûteux en personnel. Le supermarché discount Aldi, l'épicier ou le boulanger du coin feront aussi bien l'affaire.

 

Qu'il semble loin le temps du service public postal. Outre-Rhin, la poste n'a plus le monopole sur le marché du courrier et du colis depuis 1998. Le dernier bastion protégé, le secteur des lettres de moins de cinquante grammes a cédé le janvier 2008.

 

Anticipant cette ouverture à la concurrence, la Deutsche Post World Net (le groupe) a été l'une des premières en Europe à s'engager sur la voie d'une privatisation, toujours pas finalisée.

 

Investissement sur la logistique au détriment du courrier

 

En 1996, la Deutsche Post devenait société et cotait ses premières actions en bourse en 2000. Jackpot. Douze ans plus tard, le groupe compte ses bénéfices en milliards (4,2 en 2008), affiche un capital de 63,5 milliards d'euros avec un demi million de salariés dans le monde. C’est le leader mondial de la logistique. Plus de la moitié de son chiffre d'affaires (59%) est réalisé hors d'Allemagne.

 

Son succès économique s'est construit à coups de rachats, de diversification et de liquidation des activités les moins lucratives, comme l'analyse Isabelle Bourgeois, chargée de recherches" au CIRAC (centre d'information et de recherche sur l''Allemagne contemporaine), rédactrice en chef de Regards sur l'économie allemande :

 

"Ils ont mené une politique de diversification: ils savaient qu'ils allaient être ouverts au marché. Ils ont réagi tôt et pris le temps de se préparer en profitant de leur situation de monopole."

 

En quelques années le groupe a avalé successivement Danzas, groupe de logistique suisse, Air Express International, le français Ducros, le suédois ASG et surtout DHL, le géant américain, dopant son département logistique au détriment de son activité courrier: moins intéressante financièrement, cette dernière ne représente plus que 20% de son chiffre d'affaires et son l'effectif a été divisé par deux en dix ans!

 

Même régime drastique pour les bureaux de poste. 26 000 avant la privatisation, 13 000 aujourd'hui dont beaucoup sont de simples point de vente "filialisés".

 

Un salaire minimum, l'exception allemande

 

Malgré ce désintérêt pour sa mission d'origine, la Deutsche Post continue d'occuper 90% des parts du marché du courrier allemand. Le reste se partage entre sept cents petites PME et deux grosses entreprises venues se positionner : la poste néerlandaise TNT et le groupe PIN, fondé en 2005 par trois entreprises des médias dont Axel Springer (propriétaire de Bild et Die Welt).

 

L'ouverture à la concurrence aurait ainsi généré 46 000 nouveaux emplois, selon la Bundesnetzagentur qui délivre les licences de distributeur. PIN-Group finit cependant l'année exsangue. La moitié de ses employés ont été licenciés et il cherche de toute urgence un repreneur.

 

En cause, l'accord sur un salaire minimum dans les entreprises postales, conclu entre le syndicat Ver.di et le patronat, et voté par le Parlement en décembre dernier. 9,80 euros de l'heure à l'Ouest, 9 euros à l'Est, presque un miracle pour un pays où le SMIC n'existe pas. C'était encore trop pour ces nouveaux arrivants sur le marché, décidés à se construire sur de l'emploi précaire, très mal payé, quand ce ne sont pas des mini-jobs à quatre cents euros par mois.

 

Avec ce salaire plancher, le géant allemand tenait aussi un moyen d'affaiblir la concurrence avant la levée du dernier monopole le 1er janvier 2008. La même Deutsche Post a visiblement moins de scrupule à pratiquer en Hollande "des salaires inférieurs de 66% à ceux de la poste hollandaise", selon l'un des dirigeants de Ver.di, Rolf Büttner. Et à sous-traiter en Allemagne à des sociétés de taxi bien en dessous du tarif négocié de neuf euros.

 

Monopole et tarifs abusifs

L'arrivée de la concurrence n'a pas fait baisser les prix. Le timbre allemand est depuis longtemps le plus cher d'Europe. Profitant de son monopole lors de ses premières années de privatisation, la Deutsche Post a pratiqué de très hauts tarifs, qui lui ont permis d'engranger des liquidités. Elle a même dû les rabaisser en 2003, rappelée à l'ordre par l'autorité des postes allemandes. C'est 45 centimes la carte postale, 55 centimes la lettre de moins de 20g, 90 centimes celle de moins de 50g. Des tarifs proches de ceux pratiqués en France aujourd'hui.

 

Vente de la banque postale

 

Au printemps, il a encore fallu des grèves de Ver.di pour que la clause de non-licenciement, dernière survivance du temps de l'entreprise étatique, soit maintenue et que la semaine de 38,5 heures soit encore la norme. Une manière de lisser la condition des salariés de Deutsche Post qui sont logés à deux enseignes. Ceux recrutés après la privatisation et sous régime privé, moins avantageux. Ceux d'avant, encore aujourd'hui soixante mille, qui bénéficient toujours de leur statut de fonctionnaire.

 

Pour l'heure c'est le volet bancaire, la Post Bank, qui préoccupe les dirigeants de Deutsche Post AG. Le conseil de surveillance se réunit le 12 septembre pour discuter de sa vente éventuelle. Il en espérait une somme juteuse de dix milliards d'euros. Mais dans un contexte de crise bancaire et de dégringolade du cours de son action cet été, les marchés l'estiment autour de sept milliards.

 

Dans ces conditions, la cession pourrait être retardée. L'Etat allemand, encore actionnaire, ne compte pas brader la plus grande banque de particuliers du pays. »

 











Rappel du 27/10/08 :


Source
: AFP




 

« Deutsche Post s'effondre en Bourse après avoir abaissé ses objectifs

 

 

 

Le titre du géant allemand de la logistique était en recul de 20% ce matin alors que le géant allemand de la logistique venait de faire savoir qu'il n'atteindrait pas les objectifs initialement annoncés, en reconnaissant que son bénéfice avait baissé au troisième trimestre à cause de la crise financière..

 

Au troisième trimestre, le bénéfice d'exploitation avant exceptionnels a reculé de 8% environ, selon le communiqué surprise de Deutsche Post, qui subit de plein fouet le ralentissement économique aux Etats-Unis où l'entreprise est très présente.

 

L'annonce de cette révision en baisse des objectifs de Deutsche Post s'était accompagnée de celle de sa filiale Postbank. La banque allemande avait annoncé une augmentation de capital d'urgence d'un montant maximal de 1 milliard d'euros pour renflouer ses fonds, malmenés par la crise

 

Postbank avait aussi annoncé avoir essuyé une perte avant impôts de 449 millions d'euros au troisième trimestre. Son seul engagement auprès de la banque américaine Lehman Brothers, en faillite, lui a coûté 364 millions d'euros. Le groupe Deutsche Post avait fait savoir qu'il souscrirait jusqu'à 100% de l'augmentation de capital et qu'il lui en coûterait au maximum 1 milliard d'euros. »

 








Source : AFP


« Livraison express: Deutsche Post supprime 9.500 emplois aux Etats-Unis

 

 

BERLIN - Le géant allemand de la logistique Deutsche Post a annoncé lundi qu'il allait mettre fin à ses activités de livraison express aux Etats-Unis et y supprimer 9.500 emplois, en plus des 5.400 postes déjà supprimés depuis le début de l'année.

 

Cette restructuration va coûter 3 milliards d'euros sur deux ans et avoir pour conséquence une perte nette cette année, selon un communiqué.

 

La filiale DHL, chroniquement déficitaire aux Etats-Unis, va sortir complètement du marché domestique américain à compter du 30 janvier prochain pour se concentrer sur les livraisons internationales, a précisé Deutsche Post.

 

La filiale ne gardera au final qu'entre 3.000 et 4.000 salariés pour l'activité de livraison express internationale.

 

Elle devrait essuyer une perte de 1,2 milliard d'euros cette année, et encore de près de 700 millions d'euros l'an prochain, a fait savoir sa maison mère.

 

En plus de cette restructuration drastique, Deutsche Post, dont l'Etat allemand détient encore 31%, veut doubler son objectif de réduction durable des coûts. La société entend désormais abaisser de 1 milliard d'euros ses dépenses annuelles, contre un précédent objectif de 500 millions d'euros.

 

Ces annonces ont éclipsé la publication lundi des résultats financiers de Deutsche Post.

 

Le groupe a réussi au troisième trimestre à augmenter son bénéfice net de 130% à 805 millions d'euros, grâce à un effet exceptionnel. Il s'est en effet vu rembourser par l'Etat allemand une forte somme qui lui avait été retirée au titre d'aides publiques indues.

 

Le chiffre d'affaires au troisième trimestre a augmenté de 4,1% à 13,8 milliards d'euros. Par contre le résultat d'exploitation avant exceptionnels (Ebit) a baissé de 8,5%.

 

L'aventure de Deutsche Post sur le marché américain de la livraison express connait une fin particulièrement malheureuse.

 

En mai, le groupe allemand avait lancé une dernière tentative pour redresser cette activité, réduisant son offre et tentant de mettre en place, jusqu'ici en vain, une coopération avec son rival UPS. Mais la crise économique est venue balayer les derniers espoirs qui reposaient sur DHL.

 

Sans compter que Deutsche Post doit encore soutenir une autre filiale à problèmes, la Postbank, qui a besoin d'une injection de capital urgente pour faire face à la crise financière.

 

Selon certains journaux allemands, le groupe de logistique pourrait aussi supprimer des milliers d'emplois hors des Etats-Unis. »






Commentaires

 

Voici l’exemple que la direction de la Poste et notre gouvernement veulent imiter. Résumons, suppressions massives d’emplois, renflouage de la Postbank (équivalent de la Banque Postale) qui a été gravement minée par ses placements boursiers dans le cadre de la crise, benéfices en baisse, etc…

 

On est loin du miroir aux alouettes que nous promet Jean Paul Bailly en voulant imiter la poste allemande. Tout nous prouve, au niveau local, européen (dernièrement en Autriche)  et international qu’il ne FAUT ABSOLUMENT PAS céder à l’ouverture du capital sous quelque forme que ce soit, sous peine de perdre la qualité de service de la Poste 100 % publique, sous peine de voir des milliers d’emplois supprimés, voire des licenciements.


Comble absolu et preuve supplémentaire, la Deutsche Post s'en tire grâce à l'Etat (tant décrié chez nous) :  "Le groupe a réussi au troisième trimestre à augmenter son bénéfice net de 130% à 805 millions d'euros, grâce à un effet exceptionnel. Il s'est en effet vu rembourser par l'Etat allemand une forte somme qui lui avait été retirée au titre d'aides publiques indues." Que dire de plus ?


Nous adressons notre soutien fraternel aux salariés de la Deutsche Post et de sa filiale DHL, eux qui ne sont pas nos ennemis, comme voudraient nous faire croire nos directions respectives, mais bien des victimes de l’idéologie folle de Bruxelles concernant la libéralisation des services postaux, et de la mise en concurrence des postiers européens, savamment orchestrée et mis en avant par nos managers.


 

 

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