Déclaration préalable de la CGT à la CDSP courrier du Rhône
Communiqué des postaux du Rhône :


Déclaration préalable CGT
Commission de Dialogue Social Poste DOTC 69 du 23 mai 2008
portant sur le projet d'accord sur les organisations de travail à la distribution
Nous sommes invités ce jour pour aborder le contenu d'un éventuel accord local sur la direction courrier du Rhône relatif aux principes d'organisation du travail à la distribution.
La CGT veut tout d'abord réaffirmer son opposition à l’organisation « Facteurs d’Avenir » déployée par La Poste au fur et à mesure des réorganisations dans les services de distribution.
Notre organisation syndicale porte l'exigence de l’ouverture de réelles négociations pour un véritable avenir pour les facteurs permettant l’amélioration des conditions de vie et de travail, la reconnaissance de leur rôle social, de leurs qualifications par des carrières, des salaires revalorisés et des services de distribution de proximité.
Après quatre mois et trois rencontres en bilatérale, nous ne pouvons que déplorer le manque de prise en compte des nombreux points que nous avons évoqués et que souhaitons voir traduits par des engagements forts et concrets des dirigeants de La Poste sur l'amélioration des conditions de vie et de travail des personnels de la distribution.
Ceux-ci, agents, encadrants, rencontrent aujourd'hui de plus en plus de difficultés.
Oui, il y a un véritable problème de conditions de travail.
Sous-dimensionnement de la charge de travail, insuffisance de formation, déni de certaines activités se traduisent par :
Plus le temps de prendre sa pause, non respect du code de la route pour gagner du temps, augmentation de la fatigue due à la charge de travail, des cadences trop élevées, dépassements réguliers des durées de travail non reconnus, et donc l'institutionnalisation par La Poste du travail gratuit!
A cela s'ajoute l'attitude inadmissible de certains responsables de La Poste, tenant des propos humiliants, visant à faire porter la responsabilité de ces difficultés sur le personnel.
La CGT revendique des conditions et régimes de travail alliant qualité de service pour les usagers et qualité de vie des personnels, dans et en dehors du travail.
Pour cela, l'ensemble de l'activité et des tâches doit être pris en compte et à son juste dimensionnement, les normes et cadences appliquées, ne peuvent être de la seule décision de La Poste.
Le droit au week-end, aux repos sont des revendications fortes dans les services, pour pouvoir profiter de sa vie, de ses enfants, de ses loisirs… cela passe par le retour du samedi sur 2, le maintien des repos de cycle, une diminution du temps de travail à 32H hebdomadaire impliquant une politique offensive de l’emploi, en nombre et qualité. La mécanisation du traitement du courrier est un véritable atout pour y parvenir.
Dans un premier temps, La Poste doit dès aujourd'hui restituer le 4ème RE et prendre à sa charge la journée dite de solidarité. Nous exigeons également l'octroi d'un jour de repos supplémentaire compensant la coïncidence exceptionnelle dans le calendrier de deux jours fériés cette année.
Oui, il y a un véritable problème de salaire et de pouvoir d’achat, de reconnaissance professionnelle pour les personnels de la distribution. Mais les réponses ne doivent pas passer par une individualisation des salaires, par des primes au mérite ou à un intéressement soumis aux résultats d’une politique destructrice de l’emploi, des conditions de travail et du service public.
Le II.1 grade de base à la distribution reste une priorité revendicative, largement justifié par la pénibilité, la modernisation et la demande de plus de qualifications, notamment avec la création de nouveaux services.
Les salaires, complément Poste, prime de collation, prime de rouleur doivent être significativement revalorisés. L'accès à la restauration sociale, au titre restaurant, doit être amélioré et rendu systématique, d'autant que les réorganisations, les délocalisations, éloignent des lieux de restauration collective de nombreux collègues qui en bénéficiaient jusqu'alors.
Pour la CGT, le dialogue social ne peut se cantonner à la seule discussion voire présentation des projets de la direction. Elle doit entendre les propositions et aspirations des personnels, respecter leurs avis donnés au travers les organisations syndicales qui les représentent.
Dans le préambule de ce projet d'accord, La Poste place le dialogue social au coeur de la réussite des organisations. De quel type de dialogue social parle-t-on?
De celui qui consiste à faire le bilan que La Poste n'a pas tenu ses engagements pris dans le cadre de l'accord précédent.
De celui qui consiste limiter le temps de parole des organisations syndicales.
De celui qui consiste, dans le cadre de cet accord, à demander aux organisations syndicales de signer un chèque en blanc, permettant ultérieurement à La Poste de décider seule de modifications des conditions de vie et de travail des personnels des services de distribution, de la PIC.
De celui qui consiste à instaurer un dispositif supplémentaire dit de prévention des conflits pour entraver toujours plus le droit de grève des personnels comme vous l'avez fait arbitrairement l'année dernière.
Nous réitérons ce jour notre demande de régularisation de la situation administrative des collègues injustement et abusivement sanctionnés le printemps dernier pour leur participation à des journées de grève, ainsi que la restitution d'une journée de repos à ceux qui se sont vus retirer un RE.
De tels agissements au niveau départemental laissent présager de la qualité du dialogue social possible au niveau des établissements. Nous en avons déjà condamné certaines dérives graves, il y a quelques instants.
Rajoutons qu'un collègue s'est vu menacé récemment d'être démonté de sa future position de travail, s'il exerçait son droit de grève. Cet évènement survenu dans un établissement dont le dossier de réorganisation a été validé par La Poste ce mois, doit-il être pris pour un éclaircissement du type de dialogue souhaité? Quel sens, dans ce cas, donner à « réussite des organisations ».
Tant sur le fond du texte qui nous est proposé que nous jugeons menaçant pour l'avenir des personnels de la distribution, que sur la forme des rencontres précédentes et de leur prise en compte, la CGT demande l'ouverture dès aujourd'hui de réelles négociations pour aboutir à un texte dont le contenu portera des engagements concrets correspondant aux aspirations et revendications de l'ensemble des personnels de la distribution.
En l'état, un tel texte, validant des principes néfastes tant pour l'avenir des personnels de la distribution que pour la nature du dialogue social, ne peut s'appliquer dans le département.
Notre organisation syndicale oeuvrera en ce sens, à défaut d'évolutions significatives.