"Un tiers, un tiers, un tiers" vous avez dit Monsieur le Président ?

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC

 

 

 

Source : Les Echos


« Partage des profits : l'Etat actionnaire invité à montrer l'exemple

 

 

La meilleure répartition des bénéfices sera l'un des thèmes du sommet social de mercredi, à l'Elysée. A EDF comme chez France Télécom ou à La Poste, les syndicats demandent à Nicolas Sarkozy de faire appliquer la règle des trois tiers.

 

« Il faudra discuter le 18 février du partage du profit entre actionnaires et salariés au sein de l'entreprise. Le compte n'y est pas pour les salariés. » L'argumentaire tenu le 5 février à la télévision par Nicolas Sarkozy ainsi que son plaidoyer pour la règle des trois tiers - un tiers des profits pour les actionnaires, un tiers pour les salariés et un tiers pour l'investissement - n'ont pas échappé aux salariés des entreprises publiques ainsi qu'à ceux des entreprises où l'Etat, même minoritaire, reste actionnaire. Le message des syndicats est clair : l'Etat devrait commencer par se montrer exemplaire là où il décide et là où il a son mot à dire. A deux jours du sommet social programmé à l'Elysée par le chef de l'Etat, la séquence de publication des résultats annuels des entreprises nourrit le débat.

 

La situation financière des entreprises est évidemment très différente et les revendications ne peuvent être identiques. Mais, même parmi les sociétés les plus affectées par la crise telles que Renault, la question se pose : à l'instar du résultat, l'intéressement versé aux salariés va plonger cette année et la CGT appelle le constructeur à « compenser par des augmentations de salaire » une perte de pouvoir d'achat « représentant un mois et demi de salaire ». D'autant plus, souligne le syndicat, que Renault, dont l'Etat conserve 15 %, vient de recevoir des aides publiques. Les revendications sont plus aiguisées dans l'énergie, où EDF et GDF Suez dégagent des bénéfices importants. La CFDT vient d'écrire à Nicolas Sarkozy pour lui demander de « faire appliquer, dans ces entreprises, le principe d'un partage équilibré de leurs bénéfices entre actionnaires, investissements et salariés, principe qu'il a évoqué à plusieurs reprises ». Il est notamment reproché à EDF de prévoir de maintenir constant le niveau des dividendes versés à l'actionnaire (l'Etat, à 84,85 %) en 2009, alors que le résultat net a baissé de 7,9 % en 2008. La part de profit attribuée aux actionnaires est donc en hausse.

 

« Ecart abyssal »

 

Les syndicats de France Télécom, qui doit publier ses résultats le 4 mars, fustigent aussi « l'écart abyssal entre les généreuses propositions du président et la réalité de ce qui est pratiqué dans notre secteur ». A La Poste, l'intéressement se développe plus lentement que les dividendes, un accord prévoyant de faire passer le taux des profits reversés à l'Etat actionnaire de 15 % à 25 %.

 

C'est d'ailleurs tout le paradoxe de la situation : pendant longtemps, il a été reproché à l'Etat actionnaire de mal gérer ses entreprises et de ne pas en retirer de bénéfices. Ce n'est plus le cas, le dernier rapport sur l'Etat actionnaire faisant apparaître un résultat net global de 13,9 milliards en 2007, avec, à la clef, 5,6 milliards de dividendes perçus par l'Etat en 2008, contre... 1,4 milliard en 2005. Et ce en dépit de la contraction du portefeuille public. Une performance qui a permis d'alléger le déficit budgétaire ces dernières années, mais qui attise aujourd'hui les revendications des salariés concernés. »



 

 

« A La Poste, le dividende « versé augmente mécaniquement » [ ?]

 

 

Un accord signé en 2007 prévoit que le taux de dividende va passer de 15 % à 25 % du bénéfice. Pour la première fois, l'entreprise a versé de l'intéressement l'an dernier.

 

En 2008, La Poste a innové : pour la première fois, l'opérateur a versé un intéressement d'environ 100 euros à ses 270.000 salariés. Ces quelque 25 millions pèsent toutefois peu par rapport aux 943 millions de bénéfice net - un record ! - dégagés en 2007 par l'entreprise. La direction fait valoir que, en agglomérant diverses mesures sociales (augmentation de salaires, primes à la mobilité [Note de CGT Villeurbanne PPDC : concerne combien de salariés ?], logement [Note de CGT Villeurbanne PPDC : même question…], etc.), ce sont en fait 410 millions qui ont été mobilisés en 2007, soit 30 % de la capacité bénéficiaire (1,3 milliard) de l'entreprise. L'argument ne convainc guère les syndicats. « Le compte n'y est pas », répond Anne-Marie F. (CGT), qui voudrait que « le chef de l'Etat commence par appliquer ses règles là où il est décisionnaire ». SUD-PTT, deuxième organisation derrière la CGT, va d'ailleurs envoyer rapidement un courrier à Jean-Paul Bailly, président de La Poste, pour lui réclamer un partage des richesses plus équitable.

 

Le discours de Nicolas Sarkozy passe d'autant plus mal que la rémunération de l'Etat actionnaire, elle, va automatiquement augmenter. En vertu d'un contrat signé en 2007, le taux de dividende passera de 15 % du bénéfice en 2007 (141 millions), à 20 % en 2008 et 25 % en 2009. « Et encore il faut additionner le coût des missions de service public que l'Etat devrait financer et qui est en réalité assumé par La Poste, soit environ 800 millions », affirme Anne-Marie F. »


 

 

 

 



Voir sur le même sujet les revendications de la CGT Fapt


 

Publicité

Publié dans Chiffres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article