Privatisation : la Poste présente ses pions au gouvernement

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Vu dans la presse (source : Le Monde) :



« La Poste, entreprise publique, rêve d'une introduction en Bourse à l'horizon 2011

 

 

C'est le début des choses sérieuses pour La Poste, qui sollicite de l'Etat le droit d'ouvrir partiellement son capital en 2011, pour financer sa croissance.

 

Lundi 8 septembre, Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à l'industrie et porte-parole du gouvernement, doit donner le coup d'envoi d'un "round" de consultations avec les syndicats de postiers. Ceux-ci sont déjà vent debout contre l'adoption du statut de société anonyme (SA) et l'appel à des capitaux privés. Ils y voient les signes avant-coureurs d'une privatisation de l'entreprise publique, à la façon de France Télécom, qui l'a été en 2004, sept ans seulement après l'ouverture de son capital.

 

 

M. Chatel veut entendre les doléances des organisations syndicales (CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC et CGC). Et au passage aussi, sans doute, prendre la température sociale de la maison, avant l'appel collectif à une grève nationale le 23 septembre "contre la privatisation de La Poste".

 

Les associations d'élus locaux, très concernés par l'avenir du premier et du plus ancien service public de proximité en France, seront consultées un peu plus tard dans le courant du mois. Le gouvernement ne rendra son verdict qu'après coup, même s'il ne fait guère mystère de son soutien de principe au projet. De Bercy jusqu'à l'Elysée, en passant par Matignon, le consensus est très large.

 

De leur côté, les dirigeants de La Poste peaufinent leur projet. Ils veulent aller vite, afin d'arrimer le changement de statut à la prochaine loi postale, annoncée pour 2009 ou 2010. […]

 

Ainsi, Jean-Paul Bailly, le président du groupe public, a fait parvenir au gouvernement, il y a quelques jours, un argumentaire défendant l'ouverture du capital et détaillant ses modalités. Ce dossier d'une dizaine de pages - qui vaut saisine officielle de l'Etat - se trouve désormais entre les mains de M. Chatel et de Christine Lagarde, la ministre de l'économie. Interrogée vendredi 5 septembre, La Poste s'est refusée à en commenter le contenu. Mais, selon nos informations, l'opérateur postal y dévoile son schéma idéal : une transformation en SA, assortie d'une ouverture du capital par augmentation de ce capital, et non par cession de titres.

 

La Poste aimerait, en effet, tirer "de 2,5 à 3 milliards d'euros" de cette "levée de fonds", ce qui, au vu de sa valeur estimée (autour de 10 milliards d'euros, selon un calcul encore grossier), représenterait jusqu'à 30 % de son capital. […]

 

S'agissant des modalités de l'augmentation de capital, La Poste a étudié diverses pistes, comme des partenariats industriels ou l'appel à des investisseurs financiers, fonds de pension ou fonds d'investissement. Mais elle donne sa préférence à une introduction en Bourse. […]

 

Pour le groupe dirigé par M. Bailly, l'enjeu des mois à venir sera de convaincre l'opinion qu'en dépit de l'histoire économique récente, ouverture du capital ne signifie pas forcément privatisation. L'effort de pédagogie s'annonce pour le moins délicat ! D'autant que le dossier se politise et que l'idée d'un référendum sur l'avenir de La Poste, émise par notre confrère Libération, recrute de plus en plus de partisans à gauche (PS, PC, MRG, etc.). »

  

 

 

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Publié dans Service public

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