Actions locales du 22/11 contre privatisation de la Poste (suite)
Source : Sud Ouest
« ANGOULÊME. (Charente). Les postiers et usagers se sont rassemblés samedi contre la privatisation
« Non à la privatisation de nos services publics »
Moins nombreux que jeudi dernier pour les enseignants, mais la mobilisation accrochée en bandoulière, usagers, élus et employés de la Poste se sont réunis, place du Champ-de-Mars, samedi après-midi, à Angoulême. Entre 150 et 200 personnes sont venus manifester leur soutien aux services publics qui peinent à lutter contre une politique de privatisation. La veille, unrassemblement était organisé à Verteuil, face à la transformation d'un bureau de poste.
« Notre comité local s'est créé en septembre », raconte Patricia B., représentante du comité. « Nous appelons à un rassemblement, une prise de parole avant de rencontrer le directeur du cabinet du préfet à 16 heures. »
Au coeur de leurs craintes, un passage en force du projet Bailly, qui vise à transformer l'entreprise publique en société anonyme au 1er janvier 2010. D'où une mobilisation de plus en plus importante de la part des employés, mais également des élus, dont des maires présents samedi après-midi, et des usagers.
« Nous sommes solidaires et nous étions déjà là jeudi pour les écoles, affirme un petit groupe de manifestants. Il faut continuer le combat pour un maintien du service public, ne serait-ce que pour les personnes démunies qui n'auront pas les moyens de suivre la hausse des prix que provoquera l'ouverture à la concurrence. »
« La Poste n'a besoin que de 3,5 milliards d'euros, renchérit Patricia Bonneau. Une bagatelle face à ce que l'État a donné aux banques. »
400 supressions
Depuis 2005, le département a vu la fermeture ou transformation d'une trentaine de bureaux de poste, du centre de tri et 400 suppressions d'emplois. « Si le projet Bailly passe, raconte les membres des syndicats, on verra la transformation d'encore plus de bureaux, des suppressions de postes plus importantes et des dégradations des conditions de travail. » Tous appellent à une modernisation, mais dénoncent la privatisation « qui tue nos services publics ». Après la visite au préfet, la mobilisation se poursuit jeudi prochain. À Confolens, se déroulera la commission départementale de la présence postale territoriale avec les élus et les dirigeants de la Poste. Le comité local y participera et annonce un rassemblement :
à 14 heures Jeudi 27 novembre devant la maison de la Communauté de communes à Confolens
Source : La Dépêche
« Auch (Gers). Tous unis pour défendre La Poste
La manif a réuni 350 personnes selon la police, un peu plus de 400 selon les organisateurs. La défense du service public de la Poste a mobilisé la quasi-totalité des syndicats hier dans toute la France. Et le Gers n'a pas échappé à la règle. Résultat, une mobilisation importante, dans les rues d'Auch, lors du défilé qui a conduit les manifestants du rond-point de la Patte-d'Oie à la préfecture : 350 personnes selon la police, un peu plus de 400 selon les organisateurs… et surtout des usagers nombreux aux côtés des salariés, Jean-Marc A. ne pouvait pas rêver mieux : « C'est bien qu'ils se préoccupent de notre sort car c'est pour eux qu'on est là. »
La petite Manon F., qui défile pour la première fois de sa vie avec son père, l'a bien compris. « Y'a pas longtemps, j'ai reçu une lettre de ma maîtresse et une de papi et mami. Mais s'il y a plus de facteur, j'aurai plus de lettres. »
Sylvie S., 57 ans, actuellement à la recherche d'un travail, sait ce qu'il en coûte quand l'emploi se réduit : « Si l'État privatise la Banque postale, ça va manger un tas de postes et faire des chômeurs supplémentaires. » Déjà, les départs à la retraite ne sont pas remplacés. Résultat : une baisse de qualité du service que Bernard regrette amèrement. « Et ça va être pire quand il va falloir envoyer les lettres à Castelnau-d'Estretefonds pour les redistribuer ensuite dans le Gers. Déjà qu'il y a de plus en plus de fausses directions à cause des machines, aucune lettre n'arrivera avant J + 2. »
Autre crainte si la Poste est privatisée, la fermeture de nouveaux bureaux. Marylise B., qui défile avec ses enfants, habite entre Valence-sur-Baïse et Castéra-Verduzan. « Mais si le bureau ferme, il faudra que j'aille à Condom, à 15 km », soupire cette mère de famille. Comme les autres, elle voterait « non » si on lui demandait son avis sur la privatisation de la Poste.
--------------------------------------------------------------------------------
Les élus contre la privatisation
Des maires de petites communes, comme Danièle R., venue de Termes-d'Armagnac avec sa première adjointe, aux élus du conseil général, la classe politique gersoise a apporté un soutien sans faille aux employés de la Banque postale qui ont défilé hier après-midi à Auch au côté des usagers. Jean-Pierre P., le 1er vice-président du conseil général, a pris sa casquette de président de la commission départementale de présence postale territoriale pour dénoncer le désengagement de la Poste dans des zones rurales pourtant en plein développement. « A Preignan, une commune en pleine expansion démographique, le service postal est assuré de façon très insuffisante : 2 heures par jour pour 1 500 habitants, ce n'est pas normal », proteste l'élu. Bernard G. dénonce aussi la suppression du poste de receveur à Saint-Clar le 1er janvier 2009. Claude B., 1er adjoint à la mairie d'Auch, n'est pas plus satisfait par la « dégradation du service public » dans sa ville. Tous se disent « opposés au projet de privatisation de la Poste » et soutiennent le référendum proposé par les syndicats unanimes. »
« Termes-d'Armagnac fera tout pour sauver sa Poste
Service public. Danièle R., premier édile du village, était samedi à Auch, dans le cortège contre la privatisation.
Danièle R. a exposé le cas de Termes-d'Armagnac face aux 400 manifestants, devant la préfecture. Danièle R. n'est pas du genre à baisser les bras face à ce que Jean-Pierre P., le premier vice-président du conseil général, appelle « les pressions de la Poste ». Samedi, écharpe tricolore sur la poitrine, elle a défilé avec Évelyne T., sa première adjointe, au milieu des postiers et des usagers qui manifestaient à Auch contre le projet de privatisation de la Banque postale. Mais surtout, elle a pris la parole devant la préfecture pour exposer le cas de Termes-d'Armagnac.
« Nous avons une Poste qui se réduit comme peau de chagrin, a regretté madame le maire. Il y a 20 ans, nous avions un receveur pour 192 habitants. Et aujourd'hui, nous n'avons plus qu'un employé deux heures par jour, cinq jours sur sept, et en plus à des heures inadéquates. »
Et pour cause, avec ses 229 habitants, Termes-d'Armagnac est devenu un village attractif, avec une population jeune (il y a 45 enfants en maternelle et CP grâce au regroupement pédagogique intercommunal) et surtout un pouvoir d'attraction touristique qui fait converger pas mal de monde vers ce petit coin de l'ouest du département.
« On a 29 chambres d'hôtes, une tour médiévale avec plus de 7 000 visiteurs par an, reprend Danièle R. Nous ne voulons pas passer en agence postale communale dans ces conditions. Or, c'est ce qu'on nous propose depuis 2005. À chaque fois, le conseil municipal a voté contre. Mais depuis juin 2008, les pressions se font plus pressantes. La Poste a même demandé à un de ses cadres d'intervenir avant un conseil municipal en pensant que c'est moi qui étais à l'origine du blocage. Mais de nouveau, le conseil municipal a voté contre à l'unanimité. C'est important pour nous, mais aussi pour Pouy-Draguin, Itzotges, Fusterouau ou Bouzon qui dépendent de Termes. » Partout, les villageois promettent d'être fidèles au poste si la Banque postale persiste dans son désir de supprimer le bureau de Termes. »
Source : La Dépêche
« La Poste. Cent cinquante manifestants dans les rues de Cahors (Lot)
Postiers, syndicats, usagers, élus, ils sont descendus dans la rue protester contre l'ouverture du capital de la Poste, hier à Cahors.
Le cortège, parti de la place Chapou, s'est rendu à la Poste et au centre de tri. Drapeaux jaunes, oranges et violets des syndicats et pancartes de protestation haut hissés dans le ciel cadurcien, hier après-midi, à l'occasion de la journée d'action de la Poste, près de 150 manifestants ont défilé dans les rues de Cahors. Une manifestation qui répond à l'appel national lancé par les syndicats.
D'abord réunis devant la préfecture, les manifestants ont défilé dans l'avenue Gambetta avant de se rendre à la poste, rue du président Wilson, puis au centre de tri et de rejoindre leur point de départ, place Chapou.
Agents postiers et usagers, syndicats CFDT, CGT, FO, et Sud, maires et adjoints aux maires, représentants des partis socialistes et communistes et altermondialistes, tous se sont mobilisés contre l'ouverture du capital de la Poste annoncée par l'État et le président de l'agence postale.
« C'est la porte ouverte à la privatisation, comme à France télécom et d'EDF », s'insurge Pascal M., agent postal à Cahors. « La baisse de la qualité de notre service et la suppression d'emplois à coup sûr », poursuit-il. Son collègue, guichetier, avoue sentir un malaise sur son lieu de travail : « Nous sommes sous pression. On s'inquiète pour notre avenir ». « Soixante-treize bureaux de postes ont fermé dans le Lot depuis 2000 », tempête Christine B., secrétaire départemental du syndicat Force ouvrière. Les bureaux de postes disparaissent peu à peu dans les communes, cédant la place aux agences postales et points poste chez les commerçants. Un mouvement qui inquiète André C, maire de Saint-Germain-du-Bel-Air. « Chez nous le bureau de poste n'est plus ouvert le samedi depuis un mois. Jusqu'où va-t-on aller ? ». « Je suis devenu esclave de la Poste » poursuit Michel, habitant de Pradines. « On nous a enlevé le samedi matin, bientôt le mercredi. Un jour les portes seront fermées ! ». Amplification des fermetures de bureaux, licenciements, prix du timbre au nombre de kilomètres parcourus, autant de préoccupations qui ont mobilisé les foules dans toute la France.
--------------------------------------------------------------------------------
Les inquiétudes liées à l'ouverture de capital
Une commission, mise en place par Nicolas Sarkozy, devra rendre ses conclusions et donner ses orientations sur la Poste à la fin du mois de décembre.
Avec l'ouverture du capital de la Poste, les syndicats craignent sa privatisation.
Ils ne voudraient pas que ce service public devienne une entreprise ayant pour seuls mots d'ordre rentabilité et profit. L'assurance que l'État restera majoritaire ne rassure en rien les défenseurs de la Poste puisque rien ne garantit la permanence et le niveau de présence postale à terme.
Ce qui amène à une autre crainte, et non des moindre : la réduction des effectifs puisque la Poste ne devrait pas conserver ses 300 000 employés. Avec la réorganisation géographique autour de bureaux gérés en direct alors que se développe la sous-traitance avec les commerces (buralistes et épiceries) ou les mairies les emplois directs dans les zones rurales semblent en périls. »
Source : La Dépêche
« Montauban (Tarn et Garonne). Ils veulent garder leur Poste
Des usagers, des postiers et de nombreux élus, dont Sylvia Pinel, députée, ont manifesté, hier, dans les rues de Montauban contre le changement de statut de la Poste.
De simples usagers, des postiers, de nombreux élus… En tout près de 300 personnes se sont retrouvées hier devant la préfecture de Montauban afin de manifester leur refus devant le changement de statut de la Poste en société anonyme Un projet dans lequel les syndicats voient une véritable privatisation. Répondant à un appel national relayé en Tarn-et-Garonne par l'intersyndicale CFDT-CGT-FO et Sud-PTT, ce cortège a également défilé pour l'avenir de la Poste et de ses postiers et assurer le développement d'un service public postal rénové et modernisé. Dans le département, ce projet se traduit, entre autre par, la transformation dans 29 villages des bureaux de poste en agence postale communale.
La double peine pour les contribuables
A la tête d'un collectif d'élus, Sylvia Pinel, députée du département, rappelle : « Les Tarn-et-Garonnais ne veulent pas de ces agences dépendant des villages. Il n'est pas normal qu'on paye deux fois : une fois dans le cadre du contrat Etat-La Poste et une autre fois dans le cadre des taxes locales… c'est la double peine ». Alors qu'une telle agence reviendrait cher aux communes, le niveau de ses prestations serait particulièrement médiocre. « Elle coûterait, dans certains villages, entre 12 et 14 000 € par an. C'est-à-dire une augmentation des impôts locaux de 7 % », assure un élu.
« Le contexte de crise était mal choisi pour mettre en place une privatisation. Dès qu'elle sera terminée, ils le remettront en place », prévient un responsable au nom de l'intersyndicale.
Sylvia Pinel insiste : « Il est important que les usagers, les syndicats et les élus continuent de se mobiliser pour dire au groupe la Poste que nous ne souhaitons toujours pas d'agences postales communales ». La députée de Tarn-et-Garonne demande également que « les engagements du président de la Poste soient respectés ». Elle insiste : « Qu'il donne le nom d'un mandataire pour qu'un schéma directeur soit mis en place et qu'on étudie de près la situation dans chaque commune ».
Une vidéo de la mobilisation à Clermont-Ferrand (source : France 3) :
Source : Le Bien Public
« MOBILISATION De Saulieu à Châtillon (Côte d’Or)
La Poste et le service public en danger
Une caravane du Collectif de défense et de développement des services publics en haute Côte-d'Or a sillonné les routes de l'arrondissement de Montbard, samedi matin, appelant les populations à s'élever « contre la privatisation de la Poste et pour l'ouverture d'un débat public et d'un référendum sur le service public postal ».
La pétition, lancée dans le cadre de la campagne de mobilisation nationale, a récolté 1 321 signatures - de postiers, postières, élus, usagers, citoyens et citoyennes -, rassemblés devant les bureaux de Poste des chefs-lieux de canton : Saulieu-Liernais (205), Précy-sous-Thil (189), Semur-en-Auxois (131), Venarey-Les Laumes (190), Montbard (385), Châtillon-sur-Seine (121).
Le dernier rendez-vous était fixé en sous-préfecture à Montbard, où une délégation a été reçue par Catherine Q.B.. Délégation qui n'a pas mâché ses mots : « Optimaliser, mutualiser, redéployer… derrière ces paroles se cachent des réductions des dépenses publiques… ».
« Un monde des affaires »
S'ils ont rappelé le lien social et d'intérêt général que le service public postal représente pour une majorité de la population, et plus encore en milieu rural, ils dénoncent les techniques privées de rentabilité mises en place à la Poste. Et de poursuivre qu'ouvrir le capital de la Poste, en situation de crise financière, dégraderait plus encore la qualité du service rendu, en le rendant plus inégalitaire encore. »
Et enfin 2 réactions de deux membres du Comité national contre la privatisation :
Pour le MJS d'Arras (Pas de Calais) :
« Contre la privatisation de la Poste
À l'appel du Comité départemental pour la mobilisation contre la privatisation de la Poste, une manifestation a pris samedi 22 novembre après-midi, le départ de la place de la Gare. Syndicalistes et élus ont manifesté derrière la banderole réclamant la sauvegarde du service public. Malgré la mise en sommeil du projet de privatisation, la crise économique étant passée par là, la mobilisation ne faiblit pas. Nous étions plus de 200 mobilisés et appellant à un référendum.
La Poste est en danger. La dégradation du service public se poursuit depuis plusieurs années, marquée par le manque de personnels dans les quartiers populaires des villes et la fermeture de bureaux ruraux, ainsi que la transformation du service financier de La Poste en banque postale avec la banalisation du livret A.
Le gouvernement a maintenant l’intention de privatiser La Poste en en faisant une société anonyme dont le capital sera introduit en bourse. Cette réforme sonnerait le glas du service public postal, c’est-à-dire de l’un des services publics essentiels à l’exercice réel des droits des citoyens, en l’occurrence du droit à la communication.
Nous devons l’empêcher, car nous voulons que ce droit fondamental puisse continuer à s’exercer avec des garanties qu’une gestion privée ne peut apporter.
Que demandons-nous concrètement ?
De ne pas sacrifier davantage la présence des bureaux de poste dans les zones rurales et les quartiers populaires, partout où l’activité de La Poste ne peut dégager une rentabilité importante.
D’améliorer les conditions de distribution du courrier et d’accueil des usagers, et non de les moduler en fonction de l’intérêt financier des zones couvertes.
De garantir le prix unique du timbre, de pérenniser la distribution six jours sur sept, supérieure aux obligations européennes.
De permettre aux foyers les plus modestes de trouver encore un partenaire bancaire au sein de La Poste, attentif à leur situation.
La privatisation de La Poste ne va pas améliorer la qualité du service rendu, mais au contraire la dégrader et rendre celui-ci beaucoup plus inégalitaire. Nous nous opposons donc vigoureusement à cette privatisation. Nous demandons que le gouvernement ouvre un grand débat public sur les missions de La Poste et sur l’amélioration du service rendu en réponse aux besoins de la population, ainsi que sur les nouvelles formes de gestion qui permettront de démocratiser les services publics en impliquant davantage les représentants des usagers, des salariés et des élus. »
Et pour ATTAC Rouen (Source : rouenalternatif.com) :
La Poste, monopole d'Etat depuis ses origines, symbole de l'accès pour tous au même service, en quelque point du territoire qui soit, la Poste est dénigrée, touchée en plein coeur.
Objet d'une privatisation rampante depuis 1990, année de sa séparation d'avec France Telecom (France Telecom s'en souvient, merci pour elle!), sa transformation en société anonyme est prévue pour 2010, l'ouverture de son capital pour 2011. L'entreprise de démolition de l'édifice public est donc en marche depuis longtemps, caractérisée par la multiplication des filiales (291, en 2008 !), la fragilisation du personnel (41,6% est contractuel), mais aujourd'hui le rythme s'en accélère, à travers la fermeture de bureaux de poste, la rationalisation de la distribution, la création de la Banque postale...
Pourtant, à la ville comme à la campagne, il est indispensable de s'opposer à cette libéralisation du service public, à cette marche forcée vers ce dont personne ne veut : toujours plus d'inégalités, d'isolement...
De nombreux soutiens des usagers, les manifestations du 22 novembre font clairement entendre le même message : privatisation de la Poste, non merci !
"Non à la privatisation de la Poste" –
Café citoyen d'ATTAC
Le 27 Novembre 2008
à 19 heures
Rouen, café de l'Epoque, 42 rue Armand Carrel