Un gouvernement schizophrène par rapport à la Poste [MAJ]

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



Sources : Le Figaro, AFP



« C'est à La Poste de s'adapter à la vie des gens, et non pas le contraire», estime Hubert Falco

 

Le secrétaire d'État chargé de l'Aménagement du territoire, Hubert Falco, pointe neuf départements où l'entreprise est insuffisamment présente.

 

La Poste ne remplit pas toutes ses obligations de missions de service public. Selon la loi du 10 mai 2005, 90 % de la population française doit se trouver à moins de 5 kilomètres et moins de 20 minutes en voiture d'un point d'accueil de La Poste, qu'il s'agisse d'un bureau ou d'un simple guichet dans un commerce ou une mairie. Or, « il manque environ 80 points de présence postale dans neuf départements», révèle au Figaro Hubert Falco, le secrétaire d'État à l'Aménagement du territoire. Il a demandé à Jean-Paul Bailly, le président de La Poste, d'y remédier en lui fixant l'année 2009 pour se mettre en conformité :


 

Le secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire Hubert Falco a souhaité aujourd'hui, dans un entretien à l'AFP, que La Poste ouvre, d'ici le "milieu de l'année 2009", 80 points de contact supplémentaires dans neuf départements où sa présence est jugée insuffisante.

 

"Il faut que dans les six mois à venir on ait résolu le problème", a-t-il déclaré, confirmant et précisant des propos publiés dans Le Figaro. Les départements concernés sont l'Aube, le Cantal, la Corse, la Creuse, le Gers, le Lot, la Lozère, la Manche et la Meuse.

 


 

Fonds de péréquation

 

« Jean-Paul Bailly est d'accord avec mon analyse, poursuit Hubert Falco. Cette année, La Poste a disposé de 140 millions d'euros au titre du fonds de péréquation de la présence postale pour assurer ses missions de service public sur le territoire. Elles doivent être remplies.» L'argument aura d'autant plus d'écho que le débat sur le statut de l'entreprise - mené au sein de la commission Ailleret qui doit prochainement conclure ses travaux - bat son plein.

 

Hubert Falco va rappeler aujourd'hui La Poste à ses obligations, à l'occasion d'une réunion de l'Observatoire national de la présence postale. Cet observatoire a été créé par la loi de 2005, mais il est en place depuis un an. Il se réunit une fois par trimestre, au siège de La Poste. Aujourd'hui, il doit dresser le bilan de l'utilisation du fonds de péréquation dont dispose La Poste, et le bon fonctionnement des services publics postaux (tous les métiers sont concernés : banque, colis, courrier et points de vente).

 

Selon Hubert Falco, dans les petites communes, les citoyens ont tendance à aller à La Poste entre 13 heures et 16 heures. « Or, 82 % des levées sont faites avant 13 heures au niveau national, et souvent très tôt dans les zones rurales. C'est trop tôt ! », déplore-t-il. À l'heure où le monde rural a tendance à voir sa population croître, il estime que « c'est à La Poste de s'adapter à la vie des gens, et non pas le contraire ».

 

 

« Bouclier » de services publics

 

Il regrette également un manque de communication de La Poste : « Aujourd'hui, alors que la Poste concerte sur ses projets de suppression ou transformation de bureaux de poste, elle avance les heures de levées et réduit les horaires d'ouverture de ses bureaux en mettant les élus trop souvent devant le fait accompli. Ce n'est pas acceptable.» Hubert Falco a donc demandé à Jean-Paul Bailly un plan d'amélioration des prestations de La Poste d'ici à fin 2009. « On ne peut pas continuer comme cela à accumuler les pertes de services publics en France, s'indigne le ministre. La Poste, comme la SNCF, incarne dans le cœur des Français l'équité sociale et la cohésion territoriale. » Parce que, selon lui, l'accessibilité et la qualité de ces services doivent être une priorité, et qu'il y a « des situations intolérables», il étudie avec les collectivités locales la mise en place d'un pacte de services publics. Dans certains cas, mutualiser les services publics dans un même lieu peut être une solution. En attendant la création d'un « bouclier de services publics », qui garantira, sur tout le territoire, l'accès à des services publics de qualité. »

 

 
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Commentaires
: D'accord sur le constat ! Mais quelle solution ? On ne peut pas nous dire d'un côté qu'il faut ouvrir le capital de la Poste (sous entendu aux investisseurs privés) et d'un autre qu'il faut renforcer les missions de service public. Les deux points sont totalement antinomyques, et croire que des actionnaires de la Poste mettraient la main à la poche pour financer les missions coûteuses de service public revient à croire au père Noël...

Pour parvenir à financer correctement les missions de service public de la Poste, nous proposons que:

- L'Etat contribue réllement et pleinement à ce financement évalué à environ 1 milliard d'euros (aide à la presse, présence territoriale, péréquation tarifaire et accessibilité bancaire), jusqu'ici quasiment entièrement à la charge de la Poste, et cela n'est pas prêt de s'améliorer comme en témoigne le dernier contrat de service public pour 2008-2012.

- Le financement des missions de service public soient assurés par un pôle public : voir à ce sujet les propositions récentes de la CGT.

- L'abrogation des directives européennes sur l'ouverture totale à la concurrence du marché postal, en écho avec la volonté de bon nombres d'élus et de concitoyens en France mais aussi en Europe, ceci afin de sauvegarder un secteur réservé permettant de contribuer aux missions de service universel ou public, comme cela se fait dans nombres de pays, comme aux Etats-Unis. La mise en concurrence totale n'améliore en rien les prestations de service public, puisque les opérateurs se battent pour les zones rentables et les gros clients en délaissant les moins rentables (zones rurales en particulier). Cette mise en concurrence n'a d'ailleurs comme effet que de théoriser les rivalités entre salariés des opérateurs postaux européens et de créer du dumping social.


 




Lors de la présentation du "plan de relance" de Nicolas Sarkozy  :


« L'Etat va accélérer les investissements publics programmés : mise en valeur du patrimoine, hôpitaux, rénovation thermique des bâtiments, réseaux ferrés… autant d'investissements qui s'élèveront pour l'Etat à 4 milliards d'euros de plus en 2009 et 2010. [...] 

 

Les collectivités locales seront-elles aussi mises à contribution pour relancer l'investissement, tout comme les entreprises publiques. EDF (EDF), GDF , La Poste, la RATP… vont ainsi augmenter de 4 milliards d'euros leurs investissements, a annoncé Nicolas Sarkozy.. »

« La Poste investira 600 Millions d'€uros additionnels, essentiellement dans l’amélioration de l’accueil dans les bureaux de poste mais aussi dans la rénovation énergétique de ses bâtiments. 

 

Alors que M. Sarkozy "dit vouloir s'appuyer sur les entreprises publiques pour développer son plan de relance", "pourquoi persiste-t-il à les affaiblir en les privatisant, à l'image des attaques contre la Poste ?", demande le PCF (membre du Comité national contre la privatisation de la Poste) »


  
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Commentaires : Nous disons "Chiche!" à Nicolas Sarkozy ! Nous serions heureux de contribuer à renflouer l'Etat (ce qui a d'ailleurs été fait pour les bénéfices de 2007 à hauteur de 141 millions d'euros) et participer à la relance économique, mais que cela soit clair :



A ce moment là il est hors de question d'entendre parler d'ouverture du capital et de privatisation ! Il est hors de question, à l'instar de nos concitoyens, de privatiser les profits et de nationaliser les pertes.












[MAJ du 5/12/08] :



Source : Europe 1



Invité ce matin sur Europe 1, pour décrire le plan de relance économique présenté hier par Nicolas Sarkozy, François Pérol, secrétaire général adjoint de la Présidence de la République et spécialiste des questions économiques, était interrogé sur l'avenir de La Poste :









Après la cacophonie suivant l' intervention d'Henri Guaino (conseiller spécial du président de la République), l'information à prendre avec des pincettes sur le Fonds stratégique d'investissement, les déclarations du secrétaire  d'Etat à l'aménagement du Territoire, Hubert Falco (voir début de cet article), et les "obligations" soudaines d'investissement demandées hier par le président de la République à La Poste, on en vient à se demander sur quel pied danse le gouvernement. Volonté de noyer le poisson ou changement d'orientation ?

 

 

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Publié dans Service public

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