Privatisation de Royal Mail : des résistances aussi Outre-Manche

Publié le par CGT Poste Villeurbanne PPDC



En écho à l'actualité française (nos voisins anglais sont juste un tout petit peu plus en avance que nous sur le sujet de la privatisation), et suite de l'article précédent. Soutien à nos collègues britanniques.






Source
: L'Humanité



« Colères britanniques contre la privatisation de la poste

 

 

Services publics. Les efforts du gouvernement de Gordon Brown pour faire passer la poste sous la coupe du privé se heurtent à des résistances croissantes.

 

Un nouveau projet de privatisation de la poste britannique - la fameuse Royal Mail - est rejeté par les syndicats ainsi que par un grand nombre de députés travaillistes. Le gouvernement de Gordon Brown n’aura pas la tâche facile. Il entend imposer un projet qui prévoit la suppression de 50 000 emplois. Et la fermeture déjà effectuée de centaines de bureaux de poste a provoqué une véritable vague de protestations.

 

Un rapport réalisé au sein de la poste propose de transférer autour d’un tiers de l’activité du service public au secteur privé. En annonçant la décision du gouvernement, Lord Mandelson, le secrétaire d’État aux entreprises, a fait savoir que la société néerlandaise TNT était intéressée par l’entrée dans un « partenariat stratégique » avec la poste, institution respectée par les citoyens depuis près de deux siècles et qui compte aujourd’hui 170 000 salariés.

 

 

Billy Hayes, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la communication (Communication Workers Union) qui représente la plupart des postiers, a dénoncé la proposition gouvernementale. « Le public en a marre des privatisations », s’est-il exclamé. « Nous nous opposerons à toute forme de passage sous le contrôle du privé et nous nous déterminerons sur l’engagement du gouvernement pour les prochaines à conserver pleinement la poste dans le secteur public. »

 

À Westminster, le député Jim McGovern a démissionné de son poste d’aide au ministre de la Poste, pour protester contre le projet, pur produit du très controversé et très libéral, Peter Mandelson. L’ancien ministre, Peter Hain, qui entre pourtant rarement en rébellion, s’est inquiété cette semaine devant la Chambre des communes du processus engagé par le gouvernement, soucieux, dit-il, de rendre la poste attrayante pour le privé en supportant directement les lourdes dettes de la Royal Mail (environ sept milliards d’euros) principalement provoquées par le déficit de sa caisse de retraite.

 

Selon Mandelson, les nouvelles technologies, tel l’usage des courriels, mettent le service en mauvaise posture par rapport à ses concurrents. Il se garde de mentionner la déréglementation imposée, de longue date, au service public par le gouvernement. Avec la bénédiction de Bruxelles. Il n’évoque pas non plus des problèmes du tri postal, moins automatisé en Grande-Bretagne que sur le continent, à cause d’un manque d’investissements. Et faire travailler les postiers plus longtemps n’a guère amélioré le service.

 

En même temps qu’intervient cette annonce, la récession s’approfondit en Grande-Bretagne où le nombre officiel de chômeurs frise désormais les deux millions. La livre ne vaut plus quasiment qu’un euro (contre 1,40 euro il y a un an). La dette publique s’élève à plus de 3 000 euros par personne. Soit plus du double de la moyenne européenne. Le marché immobilier ne cesse de s’enfoncer dans la crise, avec sa cohorte de saisies de logements. Le groupe Woolworth vient de faire faillite et va fermer ses 200 grands magasins à travers le pays avant le5 janvier.

 

Dans ce climat d’incertitude croissante face à l’avenir, Gordon Brown serait bien inspiré de ne pas se lancer dans une nouvelle guerre contre son propre camp en cherchant à tout prix à privatiser le service public de la poste. »

 

 

 

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