Défense du service public postal : le sud ouest en pointe
Source : Sud Ouest
« Saint-Magne (Gironde) - Conseil municipal. Vers une privatisation de La Poste
Dix-huit questions avec, en sus, la lecture d'une dizaine de courriers figuraient à l'ordre du jour du conseil municipal tenu mercredi, mais rien, toutefois, qui sorte vraiment de l'ordinaire en cette période prébudgétaire.
Le service postal
On n'oubliera cependant pas la poursuite du bras de fer engagé depuis plusieurs mois avec La Poste. Le bureau communal vient de voir ses horaires d'ouverture ramenés à neuf heures hebdomadaires.
Sous couvert de changement de statut, on se dirige vers une privatisation du service public postal, explique en substance le maire avec, parmi les conséquences, « la fermeture massive des bureaux les moins rentables, la remise en cause de la distribution six jours par semaine qui vont encore dégrader et rendre inégalitaire le service rendu aux habitants... »
Aussi, la proposition de motion à l'encontre de « cette privatisation sous couvert de changement de statut » a-t-elle été votée à l'unanimité. Voilà pour le principe mais les élus, « général » en tête, forts de la mobilisation des usagers, n'ont en outre pas l'intention de se contenter des neuf heures concédées ! L'affaire est à suivre. »
Source : La Dépêche
« Vazerac (Tarn et Garonne). Poste: ne pas faiblir !
De Villebrumier, Larrazet, Montbartier, Angeville, Montauban… plus nombreux que les Vazeracais! Le Tarn-et-Garonne, 200 ans après, se fait remarquer par son ardeur citoyenne à défendre les services publics, en commençant par la Poste. Plus de cinquante personnes s'étaient déplacées à Vazerac pour une réunion d'organisation il y a quelques jours.
M. G., maire, expose le travail du groupe départemental constitué d'élus, des représentants de la Poste et du conseil général, du préfet, sous la conduite de la députée Sylvia Pinel qui a pris le dossier en main pour intervenir à l'Assemblée dès le 15 octobre 2008.
Retour en arrière
Pour l'instant, la Poste s'appuie sur les statistiques de l'Insee, ce qui n'est pas un reflet réel de la population en place. Du 23 au 27 février, la totalité des communes a été entendue. Il est utile de mentionner que nombre de communes ayant déjà donné leur accord pour les agences postales font maintenant marche arrière car le maire devient employeur pour un commerce bancaire concurrent des autres, prêts à réclamer le même avantage! C'est illégal.
Le pointage effectué au printemps dernier, à Vazerac, donne sensiblement les mêmes résultats que ceux donnés par la Poste. La même opération va être renouvelée sur plusieurs semaines.
La Poste peut-elle supprimer tout l'apport de la campagne? Ce qui est absolument contraire à l'intérêt des citoyens.
La péréquation entre riches bureaux urbains et petits bureaux ruraux déficitaires est inscrite dans le plan national postal depuis toujours et gérée au niveau du département.
Il est important de ne pas se résigner; en 2010, l'interdiction de faire de la concurrence déloyale aux entreprises donne un espoir de lutte car les communes ne seront donc pas en mesure de remplir le rôle de banque postale! Il est noté l'importance de coordonner les actions entre la commission de réflexion, les élus, les associations... pour aller dans le même sens. M. G., président du comité départemental pour la Poste, est sans réponse des courriers faits aux élus. Il a été demandé quels étaient la position et l'appui de la députée de la circonscription où se trouve Vazerac!
Il est demandé à tous de faire un effort pour ne pas être pris en défaut en ayant chacun une boîte aux lettres avec son nom bien indiqué. Une action est à envisager dans ce sens.
Une pétition, pourquoi?
Pour se compter car déjà 6 000 sont totalisées et elles sont des centaines de mille à travers le pays. La députée Sylvia Pinel pourra les remettre à l'Assemblée nationale et au président de la Poste. Signer, c'est prendre conscience de sa propre prise de position démocratique à côté d'autres personnes qui vont dans le même sens. La Poste est un symbole fort et populaire car il concerne tous les foyers, toute la vie et les entreprises. »
Source : La Dépêche
« Valence-sur-Baïse (Gers). Le dialogue peine à s'engager entre La Poste et les élus
Le conseil municipal extraordinaire présidé par Paul Caperan, maire de Valence.
Comme nous l'avions annoncé dans nos précédentes éditons, en préambule au dernier conseil municipal, devait avoir lieu une rencontre de la direction de La Poste avec les élus. Au dernier moment Georges L., directeur du courrier du Gers a renoncé a cette concertation, à laquelle il s'était engagé samedi dernier, pour obtenir le déblocage de son camion postal. La direction de La Poste a motivé l'absence de son représentant dans un communiqué où il est regretté que « d'un rendez-vous pris avec le maire, cette réunion s'est transformée en réunion de concertation publique, avec des élus de la commune mais aussi des communes voisines et des organisations syndicales de La Poste. Nous ne savions pas que le conseil municipal était une réunion publique et la présence de différentes personnalités et syndicats représentatifs de la poste nous dérange. Dans ce contexte, force est de constater que les conditions d'un dialogue serein et constructif ne sont pas réunies. Désireuse de poursuivre le dialogue avec les élus de Valence sur Baïse dans un climat de respect et de confiance mutuelle ».
Et de souligner que Georges L., directeur du Courrier du Gers a proposé une rencontre avec le maire et des élus de Valence-sur-Baïse, la semaine prochaine, là son bureau à Auch, non sans avoir rappelé que « La Poste souhaite un dialogue constructif avec les élus de Valence sur Baïse mais ne cautionne pas les actions de blocage du courrier de ses clients comme ce fut le cas samedi ».
La réunion a tout de même eu lieu, devant une nombreuse assistance autour des élus locaux, et en présence de Philippe M. et Jean-Pierre P.. Côté syndicat, étaient également présents Laurent L. secrétaire CGT-PTT, Jean-Marc A. secrétaire général de l'union départementale CGT et Pierre W., secrétaire départemental de l'union syndicale Sud Solidaire du Gers. Tous sont intervenus au cours de cette réunion publique pour apporter leur soutien à l'action que mène le conseil valencien pour sauver le service public.
Dans l'assistance, après l'intervention de Pascal B., le public réagit et s'interroge « Personnellement je regrette fort l'absence du responsable de La Poste ; c'est extrêmement dommage de ne pas avoir eu une discussion qui s'annonçait sereine mais sans concession pour autant. On peut se demander si la direction avait vraiment l'intention de se déplacer à Valence pour discuter avec le conseil » relève l'un. « La présence annoncée des syndicats et du conseiller général du canton n'a-t-elle pas fourni un prétexte à cette direction pour ne pas venir ? » s'interrogeait un autre. « En tout cas la présence de Philippe M. était on ne peut plus légitime et la direction a montré là une drôle de conception du dialogue. En espérant que cette rencontre se fera malgré tout dans les plus brefs délais ».
Et plus récemment…
Source : Sud Ouest
« VALENCE-SUR-BAÏSE.
Les élus mobilisés
Autorités et élus s'accordent à défendre le bureau de poste de Valence.
À la suite du blocage du camion de La Poste, samedi dernier à Valence, le maire Paul C. et le Conseil municipal avaient invité la direction de La Poste à venir les rencontrer à la mairie, mercredi soir, en présence de Philippe M., président du Conseil général, Jean-Pierre P., président départemental de la présence postale, ainsi que de Laurent L. et Jean-Marc A. (CGT), Pierre W., du syndicat Sud-PTT.
La direction de La Poste a décliné l'invitation, estimant « que, dans ce contexte, les conditions d'un dialogue serein et constructif ne seraient pas réunies ».
« On en a marre »
Par contre, Georges L., directeur du courrier du Gers a proposé une rencontre dans les locaux de la Poste à Auch le 10 ou le 11 mars à un effectif réduit d'élus.
Réunis à 19 heures, les élus et personnalités ont attendu en vain. Paul C. a donc ouvert la séance de travail en expliquant le désistement, anormal selon lui : « Les syndicats des PTT dérangeaient », s'enflamme-t-il. « On en a marre que le service public parte en lambeaux. On n'en restera pas là et on ira jusqu'au bout, car autrement ils arriveront à fermer le bureau de poste de Valence. »
Le maire valencien, citant brièvement l'invitation à Auch, n'y répond même pas, mais expose les trois seules propositions envisagées par les élus : « Premièrement le directeur de La Poste revient s'exprimer à la mairie en présence de tout le Conseil municipal. Ou l'entretien peut avoir lieu en réunion publique à la salle des fêtes. Sinon nous bloquerons le camion a nouveau ».
Le décor est planté, le bras de fer se durcit. Côté autorités, Philippe M. félicite les élus valenciens : « L'action que vous menez est bonne ». Soutien appuyé, aussi, de Jean-Pierre P. : « Nous soutenons les protestations contre les restructurations de La Poste qui, selon lui « use de moyens et de pressions vis-à-vis des maires au sujet des mises en place des agences postales ».
Durcissement
Les syndicalistes sont unanimes : selon Laurent L. (CGT), « la rentabilité de La Poste n'a jamais été démontrée. Il faut arrêter de faire le jeu de La Poste, qui fait tout pour saboter le service rendu. »
« Ensemble nous irons au bout de la bataille, soutient Jean-Marc A. » Selon Pierre W. (Sud-PTT), il n'y a plus de direction du courrier dans le Gers, et, en octobre, le centre de tri sera supprimé (40 à 50 emplois). De toute évidence, on se dirige vers un durcissement des actions.
« Nous serons derrière tout mouvement tenté à Valence », appuie Laurent L..
En attendant, le maire de Valence a fait parvenir par fax, jeudi, les trois propositions faites par les élus à la direction de La Poste. »